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Après huit ans d'attente, des dissidentes cubaines reçoivent un prix de l'UE

23/04/2013 06:16 EDT | Actualisé 23/06/2013 05:12 EDT

BRUXELLES - Huit ans après avoir remporté le prix le plus prestigieux de l'Europe en matière de droits humains, les membres d'un groupe d'opposition cubain ont enfin pu accepter la récompense, mardi, après avoir reçu l'autorisation de voyager à l'étranger.

L'Union européenne avait décerné en 2005 le prix Sakharov aux Dames en blanc afin de récompenser leur lutte pour la démocratie et les droits humains, mais les dissidentes n'avaient pas reçu à l'époque l'autorisation de quitter Cuba.

L'une des cofondatrices du groupe, Berta Soler, a déclaré mardi lors de la cérémonie à Bruxelles qu'il restait encore beaucoup de travail à faire dans son pays.

Les Dames en blanc ont été créées en 2003 afin d'exiger la libération de 75 dissidents qui avaient été emprisonnés à la suite d'un raid effectué par la police contre les opposants au gouvernement.

Les mères et les femmes de ces prisonniers ont commencé à manifester chaque dimanche à La Havane, habillées en blanc et brandissant des glaïeuls blancs. Dans ce pays communiste qui ne tolère guère la dissidence, ces rassemblements hebdomadaires sont devenus une manière unique de défier l'autorité.

Le gouvernement cubain a répliqué en ignorant les protestations ou en envoyant des partisans huer les manifestantes et les empêcher de se faire entendre. Les femmes ont parfois été arrêtées, mais elles ont généralement été libérées après quelques heures.

Cuba considère que tous les dissidents sont des mercenaires payés par Washington pour semer le chaos sur l'île.

Les manifestations des Dames en blanc ont toutefois fini par fonctionner : les derniers membres du groupe de 75 prisonniers politiques ont été libérés en 2011. La plupart d'entre eux ont accepté de s'exiler en Espagne avec leur famille.

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