NOUVELLES

Washington invité à se pencher sur l'imposition de frais aux frontières

22/04/2013 08:47 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT

TORONTO - Une proposition du département américain de la Sécurité intérieure visant à imposer de nouveaux frais d'entrée aux États-Unis par les frontières terrestres a suscité de vives critiques dans ce pays ainsi qu'au Canada.

La demande du département américain, présentée dans son énoncé budgétaire pour 2014, s'appuie sur l'ampleur croissante des dépenses en matière de sécurité, affirment les partisans de la mesure.

Michael Mackenzie, directeur de l'Association canadienne des snowbirds, un regroupement d'environ 70 000 personnes, a toutefois déclaré lundi que Washington tentait d'améliorer sa «situation financière épouvantable» sur le dos des Canadiens.

«Bien que nous ayons pris note des défis budgétaires auxquels font face nos amis aux États-Unis, nous préférerions que le gouvernement américain se concentre sur des façons de réduire les obstacles à la frontière qui nuisent au commerce et au tourisme», a-t-il dit.

«Les gens ont l'impression de se faire un peu jouer dans le dos, et les politiciens taxent les gens qui ne peuvent voter, ce qui est logique d'un point de vue politique, mais qui envoie tout simplement le mauvais message.»

Actuellement, les passagers entrant aux États-Unis par la voie des airs paient un frais, mais celui-ci est inclus dans le prix du billet d'avion. Les conducteurs, les piétons, ainsi que les passagers d'autocars et de trains ne paient pas de frais d'entrée, bien que les ponts transfrontaliers imposent un péage qui est versé aux responsables de ces infrastructures.

Dans sa proposition, le département de la Sécurité intérieure demande la tenue rapide d'une étude sur la mise en place et la cueillette d'un droit de passage pour les gens arrivant à pied ou en voiture aux États-Unis par la frontière canadienne ou mexicaine.

Entre autres choses, l'étude examinerait la possibilité de recueillir ces frais en utilisant «les structures déjà en place, tels que les organismes responsables des ponts, les systèmes de péage, les transporteurs par autocar et les transporteurs ferroviaires».

En raison de l'aspect préliminaire d'une telle proposition, on n'a pas encore déterminé les détails concernant ces nouveaux frais — s'appliqueraient-ils également aux gens quittant les États-Unis, combien cela coûterait-il?

Malgré tout, le ministère canadien des Affaires étrangères a annoncé lundi qu'il «ferait vigoureusement pression contre cette suggestion».

La Chambre de commerce du Canada a dénoncé cette «grave erreur», et s'engage elle aussi à faire pression contre l'idée. «Tout frais imposé aux voyageurs franchissant une frontière est mauvais pour les individus et l'économie», a déclaré la Chambre.

Lors d'un témoignage il y a deux semaines devant le comité de la sécurité intérieure, la secrétaire du département, Janet Napolitano, a déclaré que les frais qui permettent de soutenir le traitement du passage de plus de 350 millions de voyageurs par année n'avaient pas été ajustés depuis plus d'une décennie dans certains cas.

«Alors que la complexité de nos activités continue de s'accroître, le fossé entre la cueillette des frais et les activités qu'ils soutiennent s'accroît», a dit Mme Napolitano.

Des détracteurs affirment que de tels frais pourraient ralentir le traitement des voyageurs dans des postes-frontière déjà débordés.

En raison de l'importance du trafic transfrontalier, plusieurs gouvernements canadiens, dont celui de Stephen Harper, ont travaillé à améliorer la circulation des biens et des personnes.

PLUS:pc