POLITIQUE

Hydro-Québec: Péladeau assure qu'il prendra les précautions nécessaires

22/04/2013 04:09 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT
CP

QUÉBEC - Québecor confiera à son secrétariat corporatif le mandat de déterminer comment le président et chef de la direction Pierre Karl Péladeau évitera les situations de conflit d'intérêts lorsqu'il est question d'Hydro-Québec dans le cadre des activités de son entreprise, a indiqué lundi un porte-parole.

La semaine dernière, le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, a déclaré qu'un «mur de Chine» devrait être érigé entre les activités de M. Péladeau à Québecor et à Hydro-Québec, dont il sera président du conseil d'administration à partir du mois prochain.

Le bureau de M. Lisée a par la suite précisé que M. Péladeau devrait s'absenter de toute délibération à la société d'État où il est question de Québecor, mais aussi lors des discussions dans son entreprise où des dossiers concernant Hydro-Québec sont abordés.

La semaine dernière, les libéraux se sont interrogés sur les règles mises en place, s'attendant à des mesures plus strictes étant donné que Québécor est le plus important propriétaire de médias au Québec.

Le vice-président affaires publiques de Québecor, Martin Tremblay, a déclaré lundi que M. Péladeau se conformera au code d'éthique des administrateurs d'Hydro-Québec, qui prévoit que ses membres se retirent des délibérations où il existe un risque de conflit d'intérêts.

La gestion de ces situations au sein de Québecor sera confiée au secrétariat corporatif de l'entreprise du secteur des télécommunications et des médias, a affirmé M. Tremblay lors d'une entrevue.

«C'est une question qui va être abordée par le secrétariat corporatif, auquel cas, on avisera», a-t-il dit.

Par ailleurs, à Montréal, en marge d'un événement du Conseil du patronat du Québec (CPQ), M. Péladeau a assuré qu'il prendra les précautions nécessaires pour éviter tout conflit d'intérêts avec ses nouvelles activités à Hydro-Québec.

«Je n'ai jamais eu à me mêler des salles de rédaction, alors je dirige les activités dans plusieurs secteurs, a-t-il dit. C'est clair qu'il y a des relations qui existent depuis de nombreuses années entre des filiales de Québecor Média et Hydro-Québec, nous allons les identifier et nous assurer qu'effectivement on puisse travailler à distance, pour assurer qu'il n'y aura aucun conflit d'intérêts.»

Concernant la gestion des activités des entreprises des médias, parmi lesquelles le réseau TVA et le Journal de Montréal, il n'a pas été possible d'avoir plus de précisions auprès de Québecor, M. Tremblay en référant aux propos de M. Péladeau.

Dans les documents nécessaires pour occuper une charge publique, M. Péladeau a cependant identifié les salles de nouvelles comme un risque de conflit d'intérêts, mais l'entreprise assure que la couverture des activités d'Hydro-Québec demeurera inchangée.

Quatre autres contrats ou interrelations avec Hydro-Québec ont été déclarés comme une source potentielle de conflit d'intérêts, a indiqué M. Tremblay.

Une filiale de Québecor, Nurun, a actuellement un contrat de services avec la société d'État pour la conception et le développement de ses sites Internet.

Une entente réglementaire prévoit que la filiale des télécommunications Vidéotron puisse utiliser des tours d'Hydro-Québec pour l'établissement de son réseau cellulaire.

Une autre entente permet aussi l'utilisation du réseau de poteaux de la société d'État pour déployer, par exemple, son réseau de téléphonie résidentielle.

Finalement, l'achat de publicités par Hydro-Québec dans les médias de Québecor a été identifié dans la déclaration complétée par l'homme d'affaires.

Québecor poursuivra l'analyse de ces questions d'ici à l'entrée en fonction de M. Péladeau à Hydro-Québec, le 15 mai.

Le mois prochain, M. Péladeau quittera ses fonctions de président et chef de la direction de Québecor, dont il est actionnaire majoritaire. Mais il demeurera le vice-président de son conseil d'administration. Il présidera aussi les conseils d'administration de deux filiales, QMI et Groupe TVA.

M. Péladeau a participé lundi à l'assemblée annuelle du CPQ, où la première ministre Pauline Marois a prononcé un discours.

Mme Marois a expliqué qu'elle avait été très heureuse de nommer M. Péladeau à la présidence du conseil d'administration d'Hydro-Québec, après avoir appris qu'il souhaitait servir le Québec.

La première ministre a du même souffle invité les gens d'affaires à qui elle s'adressait à en faire autant.

«N'hésitez pas, le Québec a besoin de ses entrepreneurs, a besoin de tous ses talents», a-t-elle dit.

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