NOUVELLES

« On a été raisin » - Tagliani

22/04/2013 01:55 EDT | Actualisé 21/06/2013 05:12 EDT

Alexandre Tagliani garde un goût amer de son week-end à Long Beach. La voiture était bonne, mais l'équipe a fait une erreur en qualification, et Charlie Kimball a fait le reste. 

Un texte de Philippe Crépeau

Tagliani a connu un week-end de misère. Il s'est qualifié en 22e place avant de se faire sortir par Charlie Kimball au moment où il roulait bien, suffisamment bien pour finir dans le top 10, croit-il. De quoi nourrir quelques regrets sur cette (autre) occasion manquée.

« On a fini dans le top 10 à St. Petersburg, 11e à Birmingham. Mais en fin de semaine, il y a eu une couple de situations qui ont fait qu'on s'est fait avoir en qualifications. Donc, on a eu une très mauvaise position de départ, a-t-il expliqué lundi à Radio-Canada Sports.

« La voiture était super rapide en qualifications. On aurait pu être dans le "fast six" facile, mais on a été raisin. On a attendu à trois minutes de la fin avant de sortir avec les pneus rouges (tendres). Tout le monde avait fait un temps en rouge, et il y a eu un drapeau rouge. Ils ont arrêté la qualification et je n'ai pas eu le temps de faire un temps sur les pneus rouges. Ça a été complètement une erreur de notre part d'attendre aussi longtemps avec les risques que quelqu'un fasse un accident. »

Tagliani croit que la direction de course a sorti le drapeau rouge « très rapidement ». Elle pensait que Scott Dixon était arrêté, mais il était reparti finalement.

« Ils auraient pu laisser les pilotes qui étaient sur un tour rapide finir leur tour au moins. Ça aurait été correct », affirme-t-il.

Ne jamais abandonner

Mais en course, Tagliani n'est pas homme à baisser les bras, même de si loin sur une grille de départ.

« La voiture était extrêmement rapide, ce qui est positif. Dans la course, on a fait le 3e temps. On était en train de remonter probablement dans le top 5 ou 6. Quand on voit où Oriol Servia et Marco Andretti ont terminé, on allait être exactement là. On était déjà rendu là avec notre stratégie quand on s'est fait sortir par Charlie Kimball. »

Le pilote anglo-américain de l'équipe Ganassi sortait des puits quand Tagliani l'a rejoint.

« Kimball sortait des puits en pneus froids, rappelle-t-il. Il ne peut pas courser contre un gars en pneus rouges chauds. Je ne sais pas comment il pouvait espérer faire le virage. Il avait à peine fait trois virages. Il glissait tout partout. Le premier tour en pneus froids est plus lent de quatre à cinq secondes qu'en pneus chauds, car nous n'avons pas les couvertures chauffantes comme en F1. Nos pneus sont gelés en sortant des puits. »

« J'ai vu un message sur Twitter dans lequel il disait que c'était de sa part une manoeuvre "très optimiste". Honnêtement, ce n'était pas optimiste. Une manoeuvre optimiste, c'est quand j'ai essayé de passer Dario à Edmonton (en 2012) et que j'ai sorti Hunter-Reay, mais c'était une manoeuvre de dépassement. Ce qu'a fait Kimball, c'était une manoeuvre pas intelligente. Souvent, il essaie de ne pas se faire dépasser à tout prix, il ne pense pas. Si je suis choqué, c'est que ce n'est pas la première fois que ça arrive.

« La saison dernière, il m'a bloqué en qualification deux fois, il m'a sorti à Milwaukee alors qu'on allait monter sur le podium. J'étais 3e et on a fini 7e. Je n'ai rien dit, je n'ai pas fait d'histoire, mais là, il commence à jouer avec mes nerfs en o... »

L'occasion manquée

Alexandre Tagliani n'a pas voulu en discuter avec son adversaire, et il sent aujourd'hui qu'il a encore perdu (en piste) une belle occasion.

« La voiture était très bonne. En pneus noirs, on avait fait un bon segment et en pneus rouges, on commençait à rouler en malade. On a accumulé des temps rapides et on aurait dépassé plusieurs voitures, car on roulait 1,5 seconde plus vite en pneus rouges que les autres en avant.

« Ce n'est pas la fin du monde, le championnat est jeune. On est assez regroupé au niveau des points. Il suffit d'un podium et on reviendra dans le top 10 au championnat, croit le pilote québécois. Oui, la qualification de Long Beach n'était pas bonne et on n'avait pas d'affaire là, je suis d'accord, mais on a été capable de se sortir du pétrin. Et c'est décevant de repartir de Long Beach de cette façon-là. »

La prochaine course a lieu encore sur circuit urbain, dans les rues de Sao Paulo au Brésil, le 5 mai. Tagliani et l'équipe n'avaient pas fait le déplacement en 2012, préférant se préparer pour les 500 milles d'Indianapolis. Il y aura donc une part d'inconnu dans leurs premiers pas là-bas.

« C'est un peu stressant, mais la voiture est revenue dans la fenêtre des réglages au niveau des circuits de ville, conclut Tagliani, optimiste. C'est positif pour le Brésil. »

Après sa 19e place à Long Beach, Alexandre Tagliani occupe le 17e rang au championnat, avec 50 points. Helio Castroneves (Penske) est premier avec 99 points.

PLUS:rc