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Minuad attaquée au Darfour: le gouvernement, accusé, nie toute implication

22/04/2013 02:47 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT

L'attaque ayant tué vendredi un membre de la force de maintien de la paix dans la région soudanaise du Darfour (Minuad) aurait été planifiée par des forces liées au gouvernement de Khartoum, ont indiqué à l'AFP des sources locales lundi, mais les autorités ont nié toute implication.

Un Casque bleu nigérian a été tué et deux autres blessés dans cette attaque contre une base de la force conjointe de maintien de la paix ONU-Union africaine près de la localité de Mouhagiriya au Darfour-Sud.

Deux jours plus tôt, le gouvernement soudanais avait annoncé avoir pris le contrôle de Mouhagiriya, mettant fin à dix jours d'occupation par les rebelles de la faction de l'Armée de libération du Soudan (ALS) de Minni Minnawi.

L'attaque "semble avoir été planifiée et menée par des forces pro-gouvernementales", a indiqué une source ayant requis l'anonymat.

Des sources locales ont précisé que les Casques bleus avaient riposté, tuant au moins un assaillant.

Le ministère soudanais des Affaires étrangères a contesté de son côté tout lien avec l'attaque. Il a indiqué que l'enquête avait confirmé que "celui qui avait mené l'attaque et avait été tué pendant l'opération n'avait aucun lien avec les forces armées soudanaises et que l'incident s'était produit avant que les troupes soudanaises aient achevé leur prise de contrôle de la zone".

"Le ministère des Affaires étrangères est profondément désolé et condamne le meurtre d'un Casque bleu à Mouhagiriya", a-t-il indiqué dans un communiqué, précisant qu'une enquête conjointe était en cours, menée à la fois par l'armée et les autorités locales.

Dimanche, le chargé d'affaires américain au Soudan, Joseph Stafford, avait jugé que la sécurité au Darfour se dégradait, soulignant la nécessité de désarmer les milices.

Il avait aussi condamné la récente attaque contre la Minuad, la jugeant "profondément troublante".

Plus de 40 membres de la Minuad ont été tués au Darfour en près de cinq ans.

Des sources de l'ONU ont indiqué n'avoir été informées d'aucune poursuite judiciaire à l'encontre des auteurs de ces attaques.

En février, un groupe d'experts de l'ONU avait indiqué que d'anciens membres de milices gouvernementales avaient "exprimé leur colère vis-à-vis de l'actuel gouvernement" notamment à travers des "attaques directes sur du personnel et des locaux de la Minuad".

En 2003, des tribus locales au Darfour se sont soulevées contre Khartoum pour dénoncer la domination économique et politique des élites arabes, déclenchant un conflit long et dévastateur.

L'intensité des violences a fortement diminué ces dernières années même si les violences tribales et les combats entre rebelles et armée restent quotidiens au Darfour.

Au moins 300.000 personnes ont été tuées et 1,8 million déplacées au Darfour depuis 2003, selon une estimation de l'ONU. Khartoum parle de 10.000 morts.

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