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Libre-échange: Paris veut exclure la défense des discussions avec Washington

22/04/2013 06:57 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT

Paris veut exclure le secteur de la défense des négociations de libre-échange entre l'Union européenne et les Etats-Unis, a déclaré lundi à Chicago Nicole Bricq, ministre française du Commerce extérieur, dans un entretien avec l'AFP.

"Nous savons que les marchés publics américains sont très fermés donc nous n'accepterons pas d'ouvrir le nôtre alors que le marché américain de la défense est fermé", a déclaré Mme Bricq.

Le groupe européen d'aéronautique et de défense EADS a perdu en février 2011 un appel d'offres pour le renouvellement de la flotte d'avions ravitailleurs de l'armée de l'Air américaine à l'issue d'une procédure émaillée de scandales et d'irrégularités, et maintes fois retardée.

"Nous avons la volonté avec d'autres Etats membres d'exclure de la négociation tout ce qui traite de la défense", a ajouté Mme Bricq, qui s'exprimait en marge d'une conférence sur la biotechnique à la veille de rencontres prévues à Washington avec des représentants du gouvernement américain.

"Le terme de partenariat, pour nous Français, a une signification très précise. Il veux dire que nous négocions d'égal à égal avec des projets et des objectifs communs", a encore dit Mme Bricq. "Je viens vérifier la volonté américaine de s'engager dans cette discussion" avec cet esprit-là.

La baisse des barrières douanières, "ce n'est pas le plus important entre l'Europe et les Etats-Unis", estime Mme Bricq, qui souhaite aussi "rapprocher les normes différentes d'un côté ou de l'autre de l'Atlantique".

Il faudra se "mettre d'accord par exemple sur les normes environnementales et nous savons que nous n'avons pas les mêmes exigences en Europe qu'aux Etats-Unis", prévient-elle, entrevoyant des négociations "longues et difficiles", comme avec le Canada, pays avec lequel le projet de partenariat avec l'UE lancé en 2007 n'a pas encore abouti.

"J'ai la conviction qu'il ne faut pas se précipiter" sachant que les Européens ne sont "pas les premiers demandeurs", a encore déclaré Mme Bricq.

L'Union européenne a donné son feu vert en mars au lancement de négociations de libre-échange avec les Etats-Unis. Le commissaire européen au Commerce extérieur, Karel De Gucht, avait alors exhorté les pays membres de l'UE à donner rapidement leur aval à ce projet de sorte que "les négociations puissent commencer avant l'été".

Répondant aux objections de la France, qui menace de bloquer le projet de partenariat transatlantique, la Commission européenne a assuré lundi que l'exception culturelle ne ferait pas partie de ces négociations.

Evoquée depuis plusieurs années, la perspective d'un accord de libre-échange américano-européen a trouvé un nouvel élan depuis l'échec, fin 2011, des négociations internationales menées sous l'égide de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

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