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Les conservateurs ramènent la lutte au terrorisme à l'ordre du jour

22/04/2013 09:41 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT

Les conservateurs ont décidé de ramener le sujet de la lutte au terrorisme à la Chambre des communes, chamboulant l'ordre du jour à la dernière minute. Le projet de loi S-7, qui vise à donner de nouveaux outils aux autorités, sera donc débattu au cours des prochains jours.

Le projet de loi S-7 circule à Ottawa depuis plus d'un an. Son adoption modifierait le Code criminel de manière à permettre la détention préventive, la liberté surveillée ou l'imposition de témoigner.

Les conservateurs justifient leur empressement par l'attentat du marathon de Boston, qui a fait trois morts et quelque 180 blessés le 15 avril dernier. Pour la secrétaire parlementaire Candice Bergen, les récents événements démontrent que le terrorisme demeure une « menace réelle ».

De leur côté, les partis de l'opposition accusent le gouvernement Harper de faire preuve d'opportunisme politique et de profiter de la tragédie. Les conservateurs tenteraient ainsi « de faire des petits points "cheap" avec des sujets importants », a commenté la député néo-démocrate Françoise Boivin.

Pour le Nouveau Parti démocratique (NPD), si le gouvernement croyait vraiment au projet de loi qu'il veut faire adopter, il ne l'aurait pas mis en veilleuse pendant des mois pour ensuite le ramener en suggérant que sans son adoption, « la terre va arrêter de tourner au Canada. Ça rend un peu cynique », ajoute Mme Boivin.

Alors que le NPD entend voter contre, le Parti libéral du Canada (PLC) a l'intention d'appuyer le projet de loi. Cependant, les libéraux se montrent sceptiques devant le moment choisi pour en débattre.

« Ça fait assez longtemps que je suis dans cette chambre-là pour comprendre que quand ils ont une occasion de faire du capital politique, ils le font », a déclaré le nouveau chef libéral Justin Trudeau.

L'ordre du jour initial prévoyait un débat sur la liberté de parole des députés, qui sera reporté en raison des bouleversements apportés au menu législatif.

Or, il s'agit d'un sujet délicat pour les conservateurs depuis que certains de leurs députés d'arrière-ban se plaignent d'être censurés lorsque leur sujet ne fait pas l'affaire du bureau du premier ministre.

D'après des informations de Madeleine Blais-Morin et de Daniel Thibeault

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