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Le blocus israélien paralyse le développement de Gaza

22/04/2013 11:21 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT

Le blocus israélien de la bande de Gaza, dont la Turquie exige la levée pour rétablir des relations diplomatiques normales avec l'Etat hébreu, condamne depuis sept ans le territoire palestinien à dépendre de l'aide humanitaire internationale.

Décrété en juin 2006 à la suite de la capture d'un soldat israélien --libéré en octobre 2011 en échange d'un millier de prisonniers palestiniens-- ce blocus terrestre, maritime et aérien a été renforcé en juin 2007 à la suite de la prise de contrôle par le mouvement islamiste Hamas de la bande de Gaza, désormais considérée comme un "territoire hostile".

Il perpétue en l'aggravant considérablement le bouclage des Territoires palestiniens en vigueur depuis le début des années 1990.

Israël, sous pressions après son assaut meurtrier le 31 mai 2010 contre une flottille humanitaire à destination de Gaza, a allégé le blocus, en annonçant le 20 juin 2010 sa levée pour les produits alimentaires, ainsi que les matériaux de construction destinés à des projets de la communauté internationale approuvés par l'Autorité palestinienne.

En outre, le cessez-le-feu du 21 novembre 2012 entre Israël et le Hamas autorise les agriculteurs de Gaza à revenir cultiver leurs terres jusqu'à 100 mètres de la frontière, et les pêcheurs à sortir jusqu'à 6 milles nautiques, au lieu de 3 (environ 11 km au lieu de 5,5).

Mais depuis le 21 mars, Israël a ramené la zone de pêche à 3 milles nautiques, en représailles à un tir de roquette de Gaza. Or "la saison de pêche de la sardine, qui représente parfois jusqu'à 70% des prises, a commencé cette semaine", et "les eaux les plus poissonneuses se trouvent au-delà de 8 milles nautiques", indique le dernier rapport hebdomadaire du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha).

L'unique point de transit pour les marchandises vers et hors de la bande de Gaza, le terminal israélien de Kerem Shalom, est également régulièrement fermé pour des motifs de sécurité.

Pour contourner le blocus, un grand nombre de marchandises, en particulier des matériaux de construction susceptibles d'utilisation à des fins militaires, selon Israël, transitent par des tunnels de contrebande creusés sous la frontière avec l'Egypte.

Surtout, la quasi interdiction des exportations en particulier vers Israël et la Cisjordanie, qui avant 2007 représentaient 85% du marché des produits de Gaza, obère tout réel développement.

En conséquence, 34% de la population active, et près de la moitié des jeunes, est au chômage. 44% des habitants sont en situation d'insécurité alimentaire et 80% bénéficiaires d'aide, selon l'ONU.

"Ce dont Gaza a besoin, c'est d'un véritable développement, mais à cause du blocus, nous devons nous concentrer sur le travail humanitaire, c'est un gaspillage d'argent", avait déploré en juin le commissaire général de l'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés de Palestine (UNRWA) Filippo Grandi, jugeant le blocus "illégal".

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