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Egypte: l'opposition appelle à manifester contre un projet de loi sur la magistrature

22/04/2013 03:18 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT

Le Front de salut national (FSN), la principale coalition de l'opposition égyptienne, a appelé lundi les Egyptiens à manifester contre un projet de loi modifiant la législation régissant le pouvoir judicaire.

"Nous appelons le peuple égyptien à manifester devant le Conseil consultatif (la Choura) le jour où ce dernier discutera du projet de loi sur le pouvoir judiciaire" qui prévoit notamment de baisser l'âge de la retraite des juges de 70 à 60 ans, a déclaré Hamdeen Sabbahi, un des dirigeants du FSN, lors d'une conférence de presse.

Selon des sources parlementaires, l'examen du projet de loi devait être discuté à partir de dimanche au Conseil consultatif dominé par les islamistes, mais a été reporté à une date ultérieure non précisée.

Le FSN a affirmé "son refus de tout ce qui est fomenté contre la justice égyptienne sous le prétexte de la +nettoyer+". "Le nouveau projet de loi vise (à écarter) plus de 3.000 juges et son but essentiel est de remplacer les juges indépendants par d'autres affiliés aux Frères musulmans", a-t-il ajouté.

Le Club des juges s'est aussi élevé contre ce texte et a convoqué une réunion en urgence de son assemblée générale mercredi pour discuter des moyens de faire face à ce projet de loi qui vise, selon certains magistrats, à mettre à l'écart les juges qui ont déjà prononcé des arrêts contre les décisions du président islamiste Mohamed Morsi.

Le ministre de la Justice Ahmed Mekki, qui s'est déclaré publiquement contre ce projet de loi, a démissionné lundi de son poste.

Le Conseil suprême de la législature (la plus haute instance de l'appareil judiciaire) a dénoncé dans un communiqué une manifestation organisée samedi par les Frères musulmans pour réclamer "un nettoyage de la justice", affirmant qu'il s'agissait d'"une extrême offense à la justice".

M. Morsi a rencontré lundi soir les membres de ce Conseil et leur a affirmé qu'il "n'acceptait aucune atteinte à la justice", selon un communiqué de la présidence.

Concernant le projet de loi, le président islamiste a affirmé qu'il était soucieux de respecter "la séparation des pouvoirs" et de ne pas "intervenir dans les affaires" du pouvoir législatif.

Samedi soir, M. Morsi avait indiqué, dans un entretien avec la chaîne al-Jazeera, que les appels à une purge au sein de l'appareil judiciaire étaient dus à "une inquiétude légitime" des Egyptiens.

mon/cco

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