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Don d'organes : le Canada fait piètre figure

22/04/2013 11:50 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT
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Alors que de nouveaux investissements sont annoncés au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) pour le don et la transplantation d'organes, des statistiques montrent que le Canada se place derrière plusieurs pays occidentaux pour ce qui est du nombre de donneurs.

Malgré une organisation bien rodée entre les services d'urgence et le réseau de la santé, le Canada fait piètre figure en matière de don d'organes. Selon l'Organisation mondiale de la santé, le faible nombre de donneurs classe le pays au 20e rang mondial, loin derrière les États-Unis.

« On prévoit une croissance de la demande de dons d'organes. Ce qui nous indique ça, c'est la courbe de gens en attente qui augmente d'année en année », dit le Dr Jean-François Lizé, directeur médical adjoint de Transplant Québec.

Il y a urgence d'agir, selon les spécialistes en santé. Au Québec, il n'y a eu que 120 donneurs d'organe depuis le début de l'année, alors que plus de 1250 personnes attendent une greffe.

Denis Chicoine aurait dû mourir il y a dix ans. De génération en génération, les membres de sa famille souffrent d'une maladie cardiaque.

« Le problème chez nous, c'est une cardiomyopathie familiale dilatée. Ce qui veut dire que le muscle grossit. À ce moment-là, ça peut provoquer de l'arythmie incontrôlable », explique-t-il.

À 47 ans, le médecin lui annonce qu'on devra lui greffer un nouveau coeur, sinon c'est la mort assurée. Huit mois plus tard, la bonne nouvelle arrive alors que son coeur ne fonctionne plus qu'à 15 %. Il n'oubliera jamais.

« La première chose que j'ai faite en me réveillant, c'est de regarder le plafond. Et je voyais en blanc. Je n'étais pas sûr... Suis-je mort ou vivant? », raconte-t-il.

« Puis là, j'ai remercié le donneur. Ça m'est venu tout de suite à l'idée. Maintenant, c'est moi qui continue [à vivre] et je vais faire attention ».

Au Québec, le transport des dons d'organes est assuré par les corps policiers qui sont coordonnés par les centrales 911. Ce service est possible grâce à des policiers qui acceptent bénévolement d'être sur appel.

« Si personne ne signait les cartes d'assurance-maladie, mon travail serait inutile, je n'en aurais tout simplement pas. Moi et les équipes médicales. Et s'il n'y avait pas d'organes qui se donnaient, il n'y aurait pas de vies sauvées », affirme Alexis Toutant, policier de Laval et bénévole à l'Association canadienne des dons d'organes (ACDO).

La Semaine nationale du don d'organes et de tissus se déroule du 22 au 29 avril 2012, une occasion pour les responsables de rappeler qu'une signature au dos de la carte d'assurance-maladie peut sauver des vies.

D'après le reportage de Pascal Robidas