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Djokhar Tsarnaev inculpé sur son lit d'hôpital, minute de silence à Boston

22/04/2013 03:44 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT

Djokhar Tsarnaev, le suspect de l'attentat du marathon de Boston, a été inculpé lundi sur son lit d'hôpital au moment où la vie reprenait un cours presque normal dans la ville qui a observé une minute de silence, une semaine après le drame.

Le suspect, âgé de 19 ans, encourt la peine de mort.

Les charges comprennent l'utilisation d'"armes de destruction massives" ayant entraîné la mort, en l'occurence des cocottes-minutes transformées en bombes, a indiqué le ministère de la Justice.

Une première audience a été fixée au 30 mai devant le tribunal fédéral de Boston.

Dans le procès verbal joint au communiqué du ministère, il est précisé que l'un des deux frères Tsarnaev avait déclaré jeudi soir à un automobiliste, en s'emparant de son véhicule et en le prenant en otage: "Tu as entendu parler de l'explosion de Boston? C'était moi".

Djokhar Tsarnaev, arrêté vendredi soir, est soupçonné d'avoir perpétré le pire attentat sur le sol américain depuis le 11-Septembre avec son frère Tamerlan, 26 ans, tué dans la nuit de jeudi à vendredi à l'issue d'une course-poursuite avec la police.

Trois personnes ont été tuées "et plus de 200 blessées" dans la double explosion du marathon, selon un bilan actualisé du FBI. Une cinquantaine de personnes restaient hospitalisées lundi.

A 14H50 (18H50 GMT), à l'heure précise des explosions du lundi 15 avril, Boston s'est figée pour plusieurs minutes de silence.

Des centaines de personnes s'étaient massées devant la ligne d'arrivée du marathon, certaines priant, d'autres tenant un bouquet de fleurs. A Washington, le président Barack Obama et le Sénat ont également observé un temps de silence, tout comme les opérateurs de Wall Street à New York.

L'inculpation du jeune Américain d'origine tchétchène signifie qu'il "ne sera pas traité en ennemi combattant" et donc pas traduit devant un tribunal militaire d'exception, a affirmé la Maison Blanche, rejetant les demandes en ce sens de plusieurs élus républicains.

Les questions demeurent entières sur les motivations des deux frères, entre la radicalisation islamiste supposée de l'aînée, l'éventuelle emprise sur son cadet ou la frustration sociale de jeunes hommes dans un pays dans un pays qu'ils habitaient depuis plus de dix ans, malgré une intégration semble-t-il réussie de Djokhar.

Le jeune homme restait lundi dans un "état grave", selon le FBI. Une blessure à la nuque laisse penser qu'il a cherché à se suicider avant sa capture en se tirant une balle dans la bouche, selon le New York Times. Selon le FBI, il est blessé à la nuque, à la tête, aux jambes et à une main.

Ces blessures l'empêcheraient donc de parler mais les policiers antiterroristes ont cependant commencé à l'interroger, ont rapporté les médias américains, le jeune homme répondant "sporadiquement" par écrit, selon ABC.

Des spécialistes des interrogatoires doivent notamment le questionner sur d'éventuels complices et autres attentats qu'il aurait projeté avec son frère.

Le chef de la police de Boston, Ed Davis, a rappelé qu'ils avaient encore trois bombes rudimentaires à leur disposition lors de leur affrontement avec les policiers jeudi soir.

Totalement immobilisée vendredi par la traque du jeune homme de 19 ans, l'agglomération de Boston a repris lundi une activité presque habituelle.

"Nous sommes contents de reprendre notre emploi du temps ordinaire... La vie doit reprendre", a confié à l'AFP Halle Kyne, un père de famille qui accompagnait sa fille de 12 ans à la Boston Latin school située non loin du lieu de l'explosion.

"Ca fait du bien de voir les gens dehors", a de son côté lâché Torry Taylor, qui travaille dans l'animalerie Fish and Bones.

Chanjuda Chun, propriétaire d'un restaurant de sushi situé à proximité du lieu de l'attentat, s'est pour sa part réjoui de voir les affaires reprendre: "j'ai l'impression d'avoir vécu dans un film pendant une semaine". "On a été fermé pendant trois jours et perdu beaucoup d'argent, on a besoin de se refaire".

Un périmètre de sécurité était toujours dressé aux abords des lieux du drame. Commerces, restaurants étaient tous fermés et les immeubles, depuis une semaine, vidés de leurs habitants.

L'enquête se poursuivait avec l'analyse des relevés téléphoniques, bancaires et des ordinateurs des deux frères, et l'interrogatoire des témoins et de leur entourage.

La femme de Tamerlan, Katherine Russell, une Américaine convertie à l'islam avec qui il a eu une fille, a refusé de parler aux policiers, selon son avocat, cité par les médias américains.

Une des pistes s'oriente vers la Russie et les "cinq mois et treize jours" passés par Tamerlan au Daguestan en 2012, a indiqué à l'AFP une une source des forces de l'ordre locales.

Pendant son séjour, il "s'est trouvé au moins quatre fois dans la ligne de mire des forces de l'ordre" alors qu'il était en compagnie d'un autre jeune homme surveillé pour ses liens supposés avec le milieu islamiste clandestin, selon cette source.

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