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Chypre traitée comme un cobaye par l'UE, selon son président

22/04/2013 03:33 EDT | Actualisé 22/06/2013 05:12 EDT

Le président chypriote Nicos Anastasiades, s'exprimant devant les chefs des Parlements européens, a accusé l'Union européenne d'avoir traité Chypre comme un "cobaye" en imposant pour la première fois dans le cadre d'un plan d'aide une ponction sur les comptes bancaires.

Les ministres de la zone euro ont avalisé le 12 avril un plan de sauvetage prévoyant un prêt de 10 milliards d'euros de l'UE et du FMI en faveur de Chypre, qui doit de son côté trouver 13 milliards d'euros afin d'éviter la faillite.

La majeure partie de la contribution chypriote va provenir d'une ponction allant jusqu'à 60% sur les comptes au-delà de 100.000 euros dans la principale banque du pays, et encore plus lourde dans la deuxième, une décision sans précédent qui fait polémique.

"Chypre a été traitée comme un cobaye dans une expérience destinée à tester la théorie économique consistant à imposer une ponction sur les comptes bancaires et à évaluer les répercussions qui s'ensuivent", a fermement protesté M. Anastasiades lors d'un sommet rassemblant à Nicosie le président des Parlements nationaux des pays de l'UE.

Cela a été décidé en dépit du fait qu'il y a eu "une surveillance inefficace du système bancaire en général", a-t-il poursuivi, selon le texte de son discours dont l'AFP a obtenu une copie.

"J'espère sincèrement que ce précédent à Chypre ne va pas être mis en application ailleurs en Europe, bien que, nous le savons tous, la principale raison d'être d'un précédent est de servir à établir des normes et des règles qui seront appliquées à maintes reprises et dans le monde entier", a-t-il averti.

"Chypre ne demande pas un traitement de faveur, mais un traitement juste et équitable, basé sur les mêmes termes et conditions que ceux dont ont bénéficié tous les autres partenaires de l'UE en difficulté", a-t-il par ailleurs déclaré.

"Nous ne réclamons que ce à quoi nous avons le droit: la solidarité", a martelé le président conservateur.

"Il est regrettable que ce principe fondamental de l'Union européenne n'ait pas été respecté. Au contraire, les décisions sur lesquelles les parties intéressées se sont mises d'accord en amont ont été imposées par la force", a-t-il déploré.

Le président chypriote n'a pas précisé à quelles parties il faisait allusion, mais des Chypriotes furieux des contreparties du plan de sauvetage UE-FMI ont pointé du doigt l'Allemagne comme étant à l'origine de ces mesures.

dv-cnp/cco

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