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Syrie: le chef de l'opposition démissionne, l'armée avance à Homs

21/04/2013 03:21 EDT | Actualisé 21/06/2013 05:12 EDT

Le chef de l'opposition syrienne Ahmed Moaz al-Khatib a démissionné dimanche, arguant de l'"inaction" de la communauté internationale face au conflit, au moment où l'armée de Bachar al-Assad progressait dans la région de Homs frontalière du Liban.

De nouvelles découvertes macabres ont reflété encore une fois l'horreur de la guerre qui ne connaît pas de répit depuis deux ans, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) identifiant au moins 80 personnes tuées en cinq jours dans une localité proche de Damas.

Alors que son armée marque des points face aux rebelles dans le sud du pays, l'agence officielle Sana a rapporté que le président Assad a réitéré qu'il ne ferait "pas de compromis avec les groupes extrémistes et terroristes", auxquels il assimile les rebelles.

S'adressant à une délégation libanaise, il a également dit que Damas et Beyrouth feraient "avorter ensemble les complots étrangers visant à mettre en oeuvre un nouveau Sykes-Picot", faisant référence à un accord franco-britannique conclu en 1916 en vue du partage de l'Empire ottoman.

Face à l'impasse dans ce conflit qui a fait plus de 70.000 morts selon l'ONU, M. Khatib a confirmé sa démission.

"Je peux confirmer que la démission d'Ahmed Moaz al-Khatib est définitive", a indiqué Marwan Hajjo, membre de la Coalition, indiquant que M. Khatib a informé l'opposition de sa décision à Istanbul.

Cette démission intervient après la réunion samedi du groupe des "Amis de la Syrie" à Istanbul durant laquelle Washington a annoncé le doublement de son assistance directe et la livraison d'équipements militaires défensifs aux rebelles, mais toujours pas les armes lourdes que l'opposition réclame avec insistance.

Connu pour son franc-parler, M. Khatib a toujours critiqué l'"inaction" de la communauté internationale face au bain de sang en Syrie. Il a écrit sur sa page Facebook dimanche: "Quand un oiseau est dans sa cage, il reste emprisonné et paralysé. Hier j'ai quitté la cage de la déception dans laquelle j'étais enfermé".

Une source proche de la Coalition a affirmé à l'AFP sous le couvert de l'anonymat que "les membres de la Coalition tiennent des consultations sur qui devrait devenir président par intérim jusqu'à la réunion prévue le 10 mai".

Un membre de la Coalition a indiqué que l'opposition allait se réunir les 10 et 11 mai pour élire un nouveau chef, la Charte de la Coalition prévoyant que le mandat de son président soit soumis au vote tous les six mois.

Sur le terrain, l'armée marquait des points sur deux fronts stratégiques, aux portes de Damas et dans la région de Homs, frontalière du Liban, qui relie la capitale au littoral.

Ainsi elle a pris dimanche le "contrôle total" du village de Jdeidet al-Fadl où l'OSDH a pu identifier au moins 80 morts, dont de nombreux rebelles tués dans des bombardements, des combats et des exécutions sommaires.

L'organisation a diffusé des vidéos de corps au visage horriblement mutilé.

Dans la région de Homs (centre), l'armée progressait vers le bastion rebelle de Qousseir après la prise de plusieurs villages environnants, selon l'OSDH et Damas.

D'après l'Observatoire, les troupes sont appuyées par des combattants du Hezbollah libanais qui, selon le militant Hadi al-Abdallah à Qousseir, "avancent sur le terrain, tandis que l'armée assure une couverture aérienne".

Au Liban, trois obus syriens se sont abattus sur la région du Hermel, bastion du Hezbollah, sans faire de victime, selon l'agence officielle libanaise.

Depuis une semaine, les rebelles tirent en direction de cette région. L'opposition syrienne a sommé le Hezbollah de "retirer immédiatement ses forces" de Syrie, soutenant que l'implication du parti chiite "pourrait entraîner le Liban et la région dans un conflit ouvert aux conséquences destructrices".

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