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Syrie : une offensive de l'armée fait 80 morts, selon des opposants

21/04/2013 08:11 EDT | Actualisé 21/06/2013 05:12 EDT

Au moins 80 personnes ont été tuées en cinq jours dans une localité proche de Damas où l'armée du régime de Bachar Al-Assad reprend du terrain face aux rebelles, selon des opposants. De son côté, le chef de l'opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, a remis sa démission pour la deuxième fois, dimanche, invoquant l'inaction de la communauté internationale.

L'armée syrienne a pris, dimanche, le village de Jdeidet Al-Fadl où au moins 80 personnes, dont trois enfants, six femmes et de nombreux rebelles, ont péri dans des bombardements, des combats et des exécutions sommaires, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'organisation a diffusé des vidéos dans lesquelles apparaissent des corps au visage torturé ou mutilé.

L'OSDH, citant des militants, affirme que le bilan pourrait être encore plus élevé.

Le village de Jdeidet Al-Fadl est proche de Daraya, fief rebelle dans la banlieue de Damas qui subit d'intenses bombardements. Les troupes du régime syrien cherchent à tout prix à empêcher l'entrée des rebelles à Damas en bombardant intensément les poches rebelles dans la périphérie de la capitale.

Dans la région de Homs (centre), l'armée progressait vers le bastion rebelle de Qousseir après la prise de plusieurs villages environnants, selon l'OSDH et Damas.

D'après l'Observatoire, les troupes sont appuyées par des combattants du Hezbollah libanais qui, selon un militant à Qousseir, « avancent sur le terrain, tandis que l'armée assure une couverture aérienne ».

L'agence officielle Sana a rapporté que le président Assad a réitéré qu'il ne ferait « pas de compromis avec les groupes extrémistes et terroristes », auxquels il assimile les rebelles.

S'adressant à une délégation libanaise, il a également dit que Damas et Beyrouth feraient « avorter ensemble les complots étrangers visant à mettre en oeuvre un nouveau Sykes-Picot », faisant référence à un accord franco-britannique conclu en 1916 en vue du partage de l'Empire ottoman.

Démission du chef de l'opposition syrienne

Face à l'impasse dans ce conflit qui a fait plus de 70 000 morts selon l'ONU, Ahmed Moaz al-Khatib, chef de l'opposition syrienne, a confirmé sa démission.

« Je peux confirmer que la démission d'Ahmed Moaz al-Khatib est définitive », a indiqué Marwan Hajjo, membre de la Coalition, indiquant que M. Khatib a informé l'opposition de sa décision à Istanbul.

M. Khatib, un islamiste modéré et populaire sur le terrain, a été élu en novembre pour diriger la Coalition nationale, censée représenter toute l'opposition syrienne. Il avait jeté l'éponge une première fois il y a près d'un mois, mais la Coalition de l'opposition syrienne n'avait pas donné suite.

Cette démission intervient après la réunion samedi du groupe des Amis de la Syrie à Istanbul au terme de laquelle le secrétaire d'État américain John Kerry a annoncé le doublement de l'assistance non létale à l'opposition et à la rébellion syriennes - pour la porter à 250 millions de dollars - mais sans fournir les armes lourdes qu'elles réclament avec insistance.

M. Kerry a promis dimanche que cette aide « devait arriver vite et avoir un impact » sur le terrain. Il a précisé qu'une partie de l'assistance non létale aux rebelles pourrait se composer d'équipements militaires défensifs comme « des instruments de communication, de vision nocturne, des gilets pare-balles ».

Connu pour son franc-parler, M. Khatib a toujours critiqué l'« inaction » de la communauté internationale face au bain de sang en Syrie. Il a écrit sur sa page Facebook dimanche: « Quand un oiseau est dans sa cage, il reste emprisonné et paralysé. Hier j'ai quitté la cage de la déception dans laquelle j'étais enfermé ».

Une source proche de la Coalition a affirmé à l'Agence France-Presse que « les membres de la Coalition tiennent des consultations sur qui devrait devenir président par intérim jusqu'à la réunion prévue le 10 mai ».

Un membre de la Coalition a indiqué que l'opposition allait se réunir les 10 et 11 mai pour élire un nouveau chef, la Charte de la Coalition prévoyant que le mandat de son président soit soumis au vote tous les six mois.

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