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Pour Hagel, les ventes d'armes à Israël sont un "signal très clair" à l'Iran

21/04/2013 09:28 EDT | Actualisé 21/06/2013 05:12 EDT

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel, en visite en Israël, a affirmé dimanche que la prochaine conclusion d'un énorme contrat de vente d'armes avec l'Etat hébreu envoyait un "signal très clair" à Téhéran afin de l'empêcher de se doter de l'arme nucléaire.

M. Hagel s'est exprimé juste avant d'atterrir à Tel-Aviv, au début d'une tournée régionale de six jours, largement consacrée à la crise nucléaire iranienne et à la guerre civile en Syrie.

Interrogé par des journalistes pour savoir si ce contrat d'armement de plusieurs milliards de dollars avec Israël visait à montrer à Téhéran que l'option militaire était toujours sur la table, il a répondu: "Il ne fait pas de doute que c'est un autre signal très clair pour l'Iran".

La tournée de M. Hagel au Moyen-Orient, la première depuis son arrivée au Pentagone il y a deux mois, devrait permettre de finaliser la vente --pour un montant global de dix milliards de dollars-- de missiles et d'avions à Israël, aux Emirats arabes unis et à l'Arabie saoudite, alliés des Etats-Unis.

Toutefois, selon des sources américaines, les armes pourraient ne pas être livrées avant des mois, voire plus.

Ces contrats, dévoilés à la veille du départ de M. Hagel, prévoient la vente à Israël de missiles anti-radar conçus pour éliminer les systèmes de défense anti-aériens, de nouveaux radars pour des avions de combat, d'avions de ravitaillement en vol KC-135 et, pour la première fois, des appareils de transport V-22 Osprey, qui sont des engins mi-avion mi-hélicoptère.

Les Emirats arabes unis devraient acquérir des chasseurs F-16 et l'Arabie saoudite les derniers modèles de missiles américains.

Au sujet de l'Iran, les dirigeants américains et israéliens ont néanmoins fait entendre des dissonances.

Le président Barack Obama veut donner davantage de temps à la diplomatie et aux sanctions, tandis qu'Israël, seule puissance nucléaire régionale, a multiplié les menaces d'opération militaire préventive.

"Israël et les Etats-Unis voient la menace iranienne exactement de la même façon. C'est quand on se penche dans le détail du calendrier, si et à quel moment l'Iran décide de fabriquer une arme nucléaire, qu'il peut y avoir quelques divergences", a admis M. Hagel.

"Mais je crois que les éléments recueillis par nos services sont assez proches de ceux collectés par d'autres agences de renseignement", a ajouté le chef du Pentagone.

Chuck Hagel n'a pas souhaité commenter l'hypothèse d'une intervention solitaire israélienne, se contentant de rappeler qu'Israël est une nation souveraine qui a "le droit de se défendre et se protéger".

Il a demandé à nouveau un peu de patience avant de voir si les sanctions et la diplomatie permettraient de convaincre l'Iran de changer de cap.

"Je crois que notre stratégie est la bonne", a-t-il insisté tout en estimant qu'Israël a le "droit d'avoir sa propre évaluation".

Lors d'une visite au mémorial de la Shoah de Yad Vashem à Jerusalem, le responsable américain a déclaré qu'"il est de notre devoir de préparer les futures générations à comprendre clairement qu'il ne faut plus jamais laisser cela arriver à nouveau".

Les puissances occidentales et Israël soupçonnent l'Iran, malgré ses démentis, de chercher à développer la bombe atomique.

Pendant sa visite en Israël, M. Hagel s'entretiendra avec son homologue Moshé Yaalon, le président Shimon Peres et le Premier ministre Benjamin Netanyahu avant de faire escale mardi en Jordanie.

Il se rendra ensuite en Egypte puis aux Emirats et en Arabie saoudite.

Chuck Hagel, qui s'était vu reprocher, avant sa nomination, son manque de fermeté envers l'Iran et de soutien envers l'Etat hébreu, est le troisième haut dirigeant américain à se rendre en Israël en un mois.

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