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Le GP de Bahreïn s'achève sans perturbation en dépit des manifestations

21/04/2013 10:47 EDT | Actualisé 21/06/2013 05:12 EDT

Le Grand prix de Formule 1 de Bahreïn s'est achevé dimanche avec la victoire de l'Allemand Sebastian Vettel (Red Bull) sans perturbation, en dépit de heurts entre policiers et manifestants chiites voulant faire entendre leurs demandes de réformes politiques.

Sebastian Vettel a remporté ce prix, 4e manche de la saison 2013 de Formule 1, devant les deux Lotus du Finlandais Kimi Räikkönen et du Français Romain Grosjean, soit exactement le même podium que l'an dernier dans ce même GP.

Après avoir tenté de bloquer des routes dans la matinée, et des heurts avec la police, des manifestants ont défilé dans des villages chiites l'après-midi.

"Non à la Formule 1 de sang", ont-ils scandé par dizaines avant d'être pourchassés par des policiers, qui ont bloqué les entrées de plusieurs villages, dont certains non loin de la route menant au circuit de Sakhir, au sud de Manama, selon des témoins.

Les autorités ont assuré que toutes les mesures avaient été prises pour garantir un déroulement sans incident du Grand prix de Formule 1.

L'opposition issue de la majorité chiite, qui s'estime marginalisée par le pouvoir sunnite, mobilise depuis une semaine ses partisans pour faire entendre ses revendications à l'occasion du GP mais sans perturber l'évènement sportif.

A l'aube, des jeunes masqués protestant contre la tenue de la course ont bloqué plusieurs routes aux abords des villages chiites autour de Manama à l'aide de pneus en feu, sans entraver l'accès au circuit de Sakhir.

Dans la nuit, la police a fait usage de grenades lacrymogènes pour disperser des centaines de personnes qui manifestaient dans plusieurs villages contre la "Formule du sang", nom qu'ils ont donné à cette course.

Les manifestants répondaient à l'appel du Collectif du 14-Février, un groupe radical qui a lancé il y a plusieurs plusieurs jours l'opération "Volcans de feu" pour bloquer les routes à l'aide de pneus en feu.

Ce collectif clandestin, qui organise la contestation sur les réseaux sociaux, a demandé à ses partisans de manifester dans les villages chiites dimanche après-midi, au moment du départ de la course.

Le chef de la sécurité générale de Bahreïn, le général Tarek Al-Hassan, a assuré que le ministère de l'Intérieur avait pris "toutes les mesures nécessaires" pour assurer le bon déroulement de la course et "protéger les participants et les spectateurs".

Il a précisé que les forces de sécurité étaient "déployées en force autour du circuit ainsi que sur les principales routes y menant" et que la police effectuait des patrouilles régulières.

Le prince héritier de Bahreïn Salman Ben Hamad Al-Khalifa s'était montré conciliant samedi à l'égard de l'opposition, reconnaissant son droit à manifester pacifiquement comme elle l'a fait vendredi mais répétant rejeter "les extrémistes violents".

S'exprimant pendant les épreuves de qualification au circuit Sakhir, le prince héritier s'est dit "optimiste" sur l'issue du dialogue national en cours et a souhaité que les séances du dialogue aillent "plus vite".

Considéré comme un modéré, il n'a pas exclu de prendre part personnellement aux discussions mais a estimé que ce moment n'était pas encore venu.

Le dialogue a repris en février après l'échec d'une session en 2011 mais ne semble pas progresser. Et l'opposition n'a pas cessé ses manifestations, souvent émaillées de violences. Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), au moins 80 personnes ont été tuées depuis le début du soulèvement en février 2011.

Les partis traditionnels de l'opposition, dirigés par la puissante formation chiite Al Wefaq, se démarquent des manifestations violentes et affirment ne pas être opposés à la tenue de la course à Bahreïn mais entendent utiliser cet événement pour attirer l'attention sur leurs revendications.

Ils réclament l'instauration d'une véritable monarchie constitutionnelle, où le gouvernement serait issu de la majorité parlementaire. Le Collectif du 14-Février appelle pour sa part à la chute du régime.

bur-at/mh/feb

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