NOUVELLES

Israël: l'accord Open Skies avec l'UE déclenche la colère du secteur aérien

21/04/2013 12:30 EDT | Actualisé 21/06/2013 05:12 EDT

Le gouvernement israélien a ratifié dimanche un accord de dérégulation du transport aérien avec l'UE prévoyant un plus grand accès des compagnies européennes au marché local, ce qui a provoqué la colère des employés de leurs concurrentes israéliennes qui menacent d'un conflit dur.

A la suite de la ratification par le gouvernement de cet accord "Open Skies", la principale centrale syndicale israélienne, la Histadrout, a annoncé que l'aéroport international Ben Gourion de Tel Aviv serait immobilisé mardi par une grève de solidarité des employés de l'aéroport avec leurs collègues des compagnies aériennes israéliennes.

Le trafic aérien devrait être totalement interrompu vers et à destination de Ben Gourion à partir de 05H00 locales (02H00 GMT), au moins pour quelques heures, a précisé un délégué de la Histadrout à la radio militaire.

Par ailleurs, une grève des trois compagnies israéliennes El Al, Arkia et Israir, effective depuis dimanche matin, a été reconduite pour une durée indéterminée, selon des représentants de la centrale syndicale interviewés par les médias.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, un partisan du libéralisme économique, a annoncé dimanche la ratification de l'accord "Open Skies" avec l'Union européenne dans le but de "réduire le coût des voyages aériens à destination et en provenance d'Israël et d'accroître le tourisme".

Le ministre du Tourisme Uzi Landau s'est félicité de l'accord de libéralisation, estimant dans un communiqué que "le cabinet a pris la bonne décision pour les citoyens israéliens, pour l'économie israélienne et pour le tourisme en Israël".

Selon le ministère du Tourisme, citant des chiffres de la Fédération des organisations économiques israéliennes, la dérégulation du trafic aérien conduira à l'afflux de 250.000 touristes supplémentaires en provenance d'Europe dès la première année, et par ricochet permettra la création de 10.000 emplois en Israël.

Mais les compagnies aériennes locales sont fermement opposées à cet accord, affirmant qu'il se traduira par une vague de licenciements.

"Mettre en application l'accord +Open Skies+ dans sa version actuelle aura des conséquences graves, et mettra à mal fatalement et irréversiblement l'aviation civile en Israël", a prévenu le dirigeant de la Histadrout, Ofer Eini.

Dans un courrier adressé à M. Netanyahu, il a appelé le Premier ministre "à renoncer à trancher sur ce dossier en conseil des ministres et à entamer un processus de dialogue et de négociations sur cet enjeu national essentiel".

Des salariés de la compagnie nationale El Al, qui appartient depuis 2005 à des actionnaires privés, ainsi que des compagnies charter Arkia et Israir ont cessé le travail dimanche à 05H00 locales (02H00 GMT) sans préciser la durée de leur grève.

Dimanche matin, à l'arrivée des ministres pour leur réunion hebdomadaire présidée par M. Netanyahu, plus de 500 manifestants en colère ont débordé le cordon de sécurité et tenté de les empêcher de rejoindre le bureau du Premier ministre, selon la police et l'AFP.

Les protestataires ont incendié des pneus et des échauffourées ont éclaté avec la police et les forces anti-émeutes appelées en renfort. Huit personnes ont été interpellées.

Les manifestants, arborant des drapeaux israéliens et réclamant une "justice dans les airs", ont distribué des tracts affirmant que l'accord ne garantissait pas une concurrence loyale entre les compagnies aériennes israéliennes et européennes.

En mars 2012, Israël et l'Union européenne ont signé un accord "Open Skies" qui vise à ouvrir et intégrer leurs marchés respectifs.

En vertu de cet accord, les compagnies aériennes européennes pourront opérer des vols directs vers Israël à partir de n'importe quel pays, et les mouvements des compagnies israéliennes dans l'Union européenne seront facilités, ce qui devrait réduire les coûts de transports pour les passagers.

pho-jjm-dms/agr/feb

PLUS:afp