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Flambant 9 : entrevue avec un Jérôme Charlebois renouvelé (VIDÉO)

21/04/2013 03:03 EDT | Actualisé 21/06/2013 05:12 EDT

Entrevue - Jérôme Charlebois fonce dans le printemps avec, sous le bras, son troisième album, intitulé à juste titre Flambant 9. L'auteur-compositeur dit se présenter sous un nouveau jour avec cet effort plus mature, dans lequel il chante les petites misères de sa génération, livre un message d'amour à ses proches et s'aventure dans des thèmes à vaste portée sociale.

« Le titre n'est pas là pour rien, a indiqué le principal intéressé, attrapé entre une conversation et deux accolades lors du lancement de la galette, qui se tenait au bistro de son frère Victor, L'Assommoir, lundi dernier. Je suis un Jérôme renouvelé. Avec mes musiciens, qui me suivent depuis un an et demi, on a élaboré des sons, on a joué avec les voix et les cuivres, on s'est amusés autrement. Mon écriture a évolué, mon humour aussi. Je vais maintenant chercher les gens avec des sujets plus accessibles et engagés, comme le vieillissement de la population, l'intimidation, la trentaine (il a 33 ans)... Ça me ressemble. »

Des fleurs à ses proches

Son public, Jérôme Charlebois l'interpelle aussi avec les émotions. Deux pièces de l'opus ont particulièrement suscité la curiosité des journalistes lors de la ronde d'entrevues qui a précédé la sortie en magasins de Flambant 9, et devraient aussi toucher le cœur des admirateurs du chanteur. Millionnaire en amour, choisi comme premier extrait radiophonique, s'adresse à la comédienne Ingrid Falaise, de qui Jérôme est amoureux depuis trois ans, tandis que Mon père se veut, bien sûr, un éloge à Robert Charlebois, ce papa « pas si ordinaire », comme il l'entonne si bien, qui lui a tout appris.

« Millionnaire en amour, c'est une chanson que j'aime beaucoup, a relevé Jérôme. Je la trouve propre et travaillée, j'aime son jeu de guitares. Elle dit que, peu importe notre façon de vivre, l'amour est là, à nos portes, accessible. Les gens m'en parlent souvent, elle les rejoint énormément. »

« Et, Mon père, je l'ai faite pendant deux ans dans le spectacle La boîte à chansons, a-t-il poursuivi. C'est un beau clin d'œil pour ses 50 ans de carrière. Elle a beaucoup plu, et mon père l'a aimée, alors je ne me suis pas privé de la mettre sur le disque. »

Très heureux de ce refrain dans lequel il dépeint avec beaucoup d'affection ce « vrai visionnaire, révolutionnaire tranquille, bon vieux rockeur, qui nous a donné son cœur », le fils cadet du premier Garou affirme néanmoins avoir hésité avant de graver la ritournelle sur Flambant 9. Il s'est laissé convaincre par les réactions positives autour de lui.

« C'est difficile de "faire simple" et de bien réussir. Je n'étais pas certain de vouloir l'inclure, alors je l'ai placée à la fin de l'album. Je trouvais ça cute, sympathique. J'étais très fier de moi, parce qu'elle n'a pas été évidente à écrire. »

Des grands dans son cœur

Le filleul de Jean-Guy Moreau n'a toutefois pas ressenti le besoin de composer un morceau en guise de coup de chapeau à son parrain, décédé il y aura bientôt un an, le 1er mai 2012. Monsieur Moreau était un ami d'enfance de Robert Charlebois et tous deux ont mené des carrières parallèles, se croisant à l'occasion au gré de leurs projets.

« Parfois, en spectacle, je reprends Le plus beau voyage, de Claude Gauthier, pour rendre hommage à Jean-Guy, a précisé Jérôme. Je revisite aussi Maurice Richard, de Pierre Létourneau. C'est un beau clin d'œil aux artistes de La boîte à chansons. Ils sont toujours dans mon cœur. Ç'a été mon école de grandir et de travailler avec eux. »

Au cours des prochains mois, Jérôme Charlebois foulera plusieurs scènes de la province pour y présenter le contenu de Flambant 9 ainsi que celui de ses deux précédentes œuvres, 27 et Jérômanimé. Il participera aussi à la grande fête prévue le 15 juin prochain, à la Salle Wilfrid-Pelletier de la Place des Arts, dans le cadre des FrancoFolies, pour commémorer les 50 ans de métier de Robert Charlebois avec, entre autres, Louise Forestier, Ingrid St-Pierre, Dumas, Ariane Moffatt et Les Trois Accords.

« On va brasser la cabane, père et fils ensemble », a promis Jérôme, un large sourire aux lèvres.