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L'opposition syrienne accuse la Russie d'être "hors de l'Histoire"

20/04/2013 07:05 EDT | Actualisé 20/06/2013 05:12 EDT

La Coalition de l'opposition syrienne s'en est prise samedi à la Russie, principal soutien au régime du président Bachar al-Assad, l'accusant d'être "hors de l'Histoire" et de s'opposer aux valeurs de liberté et de justice.

Ces critiques interviennent après que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé mercredi le rôle "négatif" joué par le groupe des Amis de la Syrie, qui se réunit samedi après-midi à Istanbul.

"Les propos du ministre russe montrent que la Russie maintient une politique étrangère qui ne voit les choses que du point de vue d'intérêts militaires étroits et qui ne comprend pas les profonds changements historiques qu'a produit le Printemps arabe", estime la Coalition dans un communiqué.

"Le fait que la Russie s'oppose aux aspirations des Syriens à la liberté et à la démocratie (...) prouve une fois de plus que l'administration russe vit hors de l'Histoire et à contre-courant de la libération de l'Homme", ajoute le texte.

"Lorsque la Russie s'écarte des Amis de la Syrie, qui regroupe plus de 100 pays (...), elle s'isole de la communauté internationale et s'oppose aux valeurs de liberté, de justice, d'égalité et des droits de l'Homme fondamentaux", souligne l'opposition.

La Russie, qui ne fait pas partie du groupe des Amis de la Syrie, demeure l'un des derniers soutiens du régime de Damas, auquel elle livre des armes, et s'oppose à toute ingérence dans le conflit.

Moscou a jusqu'à présent bloqué, avec la Chine, tous les projets de résolution du Conseil de sécurité de l'ONU menaçant M. Assad de sanctions.

Le groupe des Amis de la Syrie devait marquer à nouveau son soutien à l'opposition, qui multiplie les appels pressants pour obtenir leur aide militaire directe, un pas que les pays occidentaux ne souhaitent pas franchir de crainte que les armes ne tombent aux mains de groupes extrémistes.

L'opposition s'en est également prise à Israël, qui s'est réservé le droit de bloquer la fourniture d'armes aux rebelles si elles risquaient de "tomber aux mains de terroristes".

"Nous sommes surpris par la similitude entre les positions de l'Iran et d'Israël quand il s'agit de la question syrienne", note le texte avec ironie.

L'opposition a refusé que "les droits fondamentaux du peuple syrien soient l'otage des intérêts, de la volonté et des craintes des autres".

Des militants et opposants soupçonnent Washington, grand allié d'Israël, de refuser fournir des armes lourdes aux rebelles par crainte que ces derniers ne se retournent contre l'Etat hébreu. En février, la Maison Blanche avait expliqué ce refus par la nécessité de protéger les civils syriens et les Israéliens et d'assurer la sécurité des Etats-Unis.

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