NOUVELLES

Les opposants aux GP veulent étendre les protestations à Manama

20/04/2013 04:26 EDT | Actualisé 19/06/2013 05:12 EDT

Les opposants au Grand Prix de Formule 1 à Bahreïn ont cherché à étendre leurs protestations à la capitale en appelant leurs partisans à marcher samedi sur la Place de la perle, symbole du soulèvement chiite maté il y a deux ans.

Les protestations émaillées de violence se sont poursuivies pendant la nuit de vendredi à samedi dans les villages chiites entourant Manama, et deux personnes ont été blessées par des cocktails Molotov qui visaient des policiers à Manama, selon les autorités.

"Deux Asiatiques ont été blessés par des cocktails Molotov qui ont visé des patrouilles de police sur la route Issa Al Kabeer" à Manama, a annoncé le ministère de l'Intérieur sur Twitter.

L'opposition chiite a intensifié ces derniers jours sa mobilisation à l'occasion de la tenue du GP dans le petit royaume gouverné par une dynastie sunnite. Mais les manifestations étaient jusqu'à présent largement confinées aux villages chiites entourant la capitale.

Un groupe radical clandestin, le Collectif du 14 février, a appelé ses partisans à marcher samedi sur la Place de la perle à Manama, où les opposants avaient campé pendant un mois de février à mars 2011.

"Aujourd'hui, nous allons marcher vers le centre de la révolution", a annoncé sur Twitter ce collectif qui organise la contestation via les réseaux sociaux.

Vendredi, des manifestants avaient déjà tenté de s'approcher de la place, mais avaient été dispersés par la police.

La place de la Perle, dont le monument central a été rasé après l'écrasement du soulèvement et les accès condamnés par des blocs de béton, était totalement bouclée par les forces de police samedi matin, ont constaté des journalistes avant de se rendre au circuit de Sakhir.

La police était fortement déployée samedi matin, avec plusieurs petits blindés autour de la place de la Perle et le long de l'autoroute menant au circuit.

Les préparatifs de la course n'ont jusqu'à présent pas été affectés par les protestations. Le prince héritier Salmane ben Hamad Al-Khalifa, également vice-Premier ministre, était attendu samedi, en milieu de journée, dans le paddock du circuit de Sakhir.

Dans la nuit, les affrontements ont opposé comme dans les jours précédents des centaines de jeunes aux forces de police dans les village chiites, selon des témoins qui n'ont pas fait état de victimes.

"Votre course est un crime", "Non à la formule du sang", criaient les manifestants en lançant des pierres et des cocktails Molotov en direction des forces de sécurité, selon des témoins. La police les a dispersés à coups de grenades lacrymogènes.

D'autres manifestants masqués ont bloqué des routes à l'aide de pneus incendiés.

Vendredi, les autorités de Bahreïn ont sommé une équipe de cinq personnes de la chaîne de télévision britannique ITV qui couvrait des affrontements avant le Grand Prix de Formule 1 de quitter le pays, a indiqué la chaîne.

Bahreïn est le théâtre de troubles récurrents depuis février 2011, qui avaient obligé à l'annulation du Grand Prix cette année-là.

Lors de l'édition 2012, l'opposition avait organisé des manifestations, parfois violentes, qui avaient fait un mort, pour attirer l'attention sur les réformes politiques qu'elle revendique, mais sans entraver le déroulement de la course.

Les partis traditionnels de l'opposition conduits par la puissante formation chiite Al-Wefaq réclament l'instauration d'une monarchie constitutionnelle, mais les partisans du Collectif du 14 février appellent à la chute de la dynastie qui gouverne l'archipel depuis plus de 200 ans.

bur-at/fc

PLUS:afp