NOUVELLES

Le prince héritier conciliant à la veille du GP de Bahreïn de F1

20/04/2013 01:19 EDT | Actualisé 20/06/2013 05:12 EDT

Le prince héritier de Bahreïn s'est montré conciliant samedi à l'égard de l'opposition qui met à profit l'organisation du Grand prix de F1 près de Manama pour attirer l'attention du monde sur ses exigences de réformes politiques.

Comme chaque année depuis 2011, l'opposition chiite qui s'estime marginalisée par le pouvoir sunnite, a mobilisé des centaines de manifestants autour de ses revendications, sans pour autant perturber le déroulement de l'évènement sportif.

L'épreuve se court dimanche sur le circuit Sakhir, au sud de la capitale Manama, avec en pole position l'Allemand Nico Rosberg (Mercedes) à côté de son compatriote Sebastian Vettel (Red Bull) et devant l'Espagnol Fernando Alonso (Ferrari).

Une grande manifestation à l'appel d'Al-Wefaq, le principal parti chiite d'opposition, s'est déroulée vendredi sans incident mais d'autres manifestants, partisans du groupe radical du Collectif du 14 février, ont été empêchés samedi de se rassembler Place de la perle à Manama, haut lieu de la contestation.

Parlant pendant les épreuves de qualification au circuit Sakhir, le prince héritier, Salman Ben Hamad Al-Khalifa, s'est dit "optimiste" sur l'issue du dialogue national en cours avec l'opposition.

Il a dit souhaiter que les séances du dialogue aillent "plus vite". "Mais je suis optimiste. Elles ont lieu, c'est le plus important", a dit le prince Salman, également vice-Premier ministre.

Considéré comme un modéré et un partisan du dialogue, il n'a pas exclu de prendre part personnellement aux discussions mais a estimé que ce moment n'était pas encore venu.

Il a reconnu le droit de l'opposition à manifester pacifiquement comme elle l'a fait vendredi mais a affirmé rejeter "les extrémistes violents".

Les policiers ont dispersé à coups de bombes lacrymogènes des centaines de manifestants qui ont tenté de marcher sur la Place de la perle et pourchassé certains d'entre eux qui fuyaient dans les rues latérales du secteur dont les accès ont été interdits par un dispositif de sécurité, selon des témoins.

La zone a été survolée par un hélicoptère des forces de sécurité.

Selon d'autres témoins, la police a renforcé sa présence autour de villages chiites proches de Manama. Certains manifestants ont tenté d'attaquer les policiers avec des cocktails Molotov et de placer des clous sur la chaussée pour empêcher leurs véhicules de les poursuivre.

En dépit de ces escarmouches, l'accès au circuit de Sakhir, a été libre et de nombreux spectateurs s'y sont rendus pour les essais et la pole position.

Al-Wefaq affirme ne pas contester la tenue du Grand prix de F1 mais entend utiliser cet évènement pour attirer l'attention sur ses revendications d'une véritable monarchie constitutionnelle où le gouvernement serait formé par la majorité parlementaire.

Le dialogue a repris en février après l'échec d'une session en 2011 mais ne semble pas progresser et l'opposition n'a pas arrêté les manifestations souvent émaillées de violences qui ont fait au moins 80 morts en trois ans selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

A propos des influences prêtées à l'Iran comme à l'Arabie saoudite sur le petit royaume de Bahreïn, le prince héritier a dit souhaiter "une solution typiquement bahreïnie" à la crise dans son pays.

Il a évité de répondre à une question sur une demande de l'opposition d'un départ du Premier ministre, Khalifa ben Salmane Al-Khalifa, en poste depuis plus de 40 ans et qui est l'oncle du roi Hamad ben Issa Al-Khalifa.

"C'est une décision qui doit être prise par sa Majesté et par le Premier ministre, il y a des structures constitutionnelles qui prévoient cela. Pour l'instant, leur décision est la meilleure, je ne souhaite faire aucun commentaire sur ce point".

bur/at/mh/tp

PLUS:afp