NOUVELLES

Attentat de Boston : dans l'attente de l'interrogatoire du suspect

20/04/2013 12:29 EDT | Actualisé 20/06/2013 05:12 EDT

Les policiers espèrent pouvoir interroger rapidement Dzhokhar Tsarnaev, arrêté vendredi pour sa présumée participation dans l'attentat du marathon de Boston, qui a fait trois morts et 180 blessés, au terme d'une chasse à l'homme qui a coûté la vie à son frère Tamerlan, l'autre suspect dans l'affaire.

Des accusations de terrorisme pourraient être déposées contre le jeune homme de 19 ans, a affirmé samedi le département américain de la Justice. Le suspect pourrait être passible de la peine de mort si le procureur général des États-Unis le décidait, a indiqué Carmen Ortiz, ministre de la Justice de l'État du Massachusetts.

Pour l'instant, Dzhokhar Tsarnaev est toujours à l'hôpital Beth Israel sous surveillance policière. Il est dans un état « critique mais stable », ce qui l'empêche d'être interrogé. « Il ne peut pas encore communiquer », a précisé samedi le gouverneur du Massachusetts, Deval Patrick, aux médias.

Le FBI refuse de communiquer un bilan de santé plus précis. Il serait toutefois touché à la gorge et à la langue, selon plusieurs médias.

Une équipe d'enquêteurs d'élite chargés d'interroger les principaux suspects terroristes l'attend déjà à l'hôpital, ainsi que des procureurs fédéraux, qui travaillent à l'élaboration des chefs d'inculpation.

Pour tirer le maximum d'informations, le FBI pourrait invoquer dans un premier temps « l'exception de sécurité publique » pour l'interroger, ont affirmé les autorités. Cette mesure signifie que Djokhar Tsarnaev ne pourra pas se prévaloir des droits dits Miranda, qui prévoient qu'il peut garder le silence et bénéficier d'un avocat pendant les interrogatoires.

Les suspects auraient agi seuls

Le police locale a par ailleurs indiqué que les deux suspects n'avaient probablement pas de complices. À l'antenne du réseau CNN, le chef de la police de Watertown, Edward Deveau, a également dévoilé que les deux frères avaient en leur possession six bombes, une arme de poing et un fusil lors de la poursuite ayant eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi.

L'arrestation de Tsarnaev a eu lieu à Watertown après une chasse à l'homme qui a duré toute la journée. Même si les policiers ont fouillé toutes les maisons du quartier, c'est l'appel d'un résident ayant remarqué des taches de sang sur la bâche recouvrant le bateau entreposé dans sa cour qui leur a permis de trouver le suspect, caché dans l'embarcation.

Les policiers ont échangé des coups de feu avec lui. La police craignait qu'il ait des explosifs en sa possession.

Par ailleurs, les policiers de New Bedford, au Massachusetts, ont arrêté samedi deux ressortissants étrangers, qui auraient violé des lois de l'immigration. On ignore toutefois si ses personnes sont soupçonnées d'avoir commis des crimes. Elles auraient été arrêtées après que les autorités eurent fait des recherches dans des résidences où les suspects pourraient avoir vécu.

Interrogations

Samedi, l'agence de presse Reuters révélait que le FBI avait enquêté sur les agissements du frère aîné, Tamerlan, dès 2011.

Ce sont les autorités russes qui en avaient fait la demande, inquiètes de la radicalisation observée chez le jeune homme qui habitait déjà les États-Unis. Elles avaient toutefois appris que le suspect s'apprêtait à quitter le sol américain pour aller rejoindre « des groupes souterrains non précisés ».

Le FBI s'est penché sur le dossier, mais l'a fermé quelque temps plus tard, faute de preuves d'activités terroristes.

Autopsie nécessaire

Un médecin de l'hôpital où est soigné Dzhokhar Tsarnaev a indiqué qu'une autopsie devrait être pratiquée sur le corps du frère aîné, qui a perdu la vie vendredi matin au terme d'une course poursuite et d'une fusillade avec les policiers, pour déterminer les causes exactes de sa mort.

Selon le docteur David Schoenfeld, Tamerlan Tsarnaev a subi des blessures sérieuses en si grand nombre qu'il était impossible de déterminer lesquelles lui ont été fatales. Sa mort a été constatée quelques minutes après son arrivée au centre hospitalier.

PLUS:rc