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Syrie: Brahimi invite le Conseil à agir, ne précise pas ses intentions

19/04/2013 01:54 EDT | Actualisé 19/06/2013 05:12 EDT

Le médiateur international Lakhdar Brahimi a demandé une nouvelle fois vendredi au Conseil de sécurité d'agir dans l'unité pour faire cesser le conflit en Syrie mais n'a donné aucune indication fiable sur son avenir à son poste.

Des rumeurs sur une démission de M. Brahimi ont circulé depuis qu'il a fait l'objet de vives critiques de la part des médias officiels syriens et que la Ligue arabe a octroyé le siège de la Syrie à l'opposition. M. Brahimi est officiellement envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe.

"Je n'ai pas démissionné", a déclaré M. Brahimi à la presse après la réunion, visiblement irrité par ces rumeurs. "Chaque matin en me réveillant je pense que je devrais démissionner mais je ne l'ai pas fait pour l'instant, un jour, peut-être, je démissionnerai".

Il a aussi démenti avoir fixé une date pour la fin de sa mission: "Il n'y a aucun fondement à tout cela".

Il a indiqué avoir dit au Conseil "pratiquement la même chose" qu'à sa précédente audition en janvier: "La situation est extrêmement mauvaise et le Conseil de sécurité doit agir". "L'opposition et le gouvernement (syriens) doivent accepter de venir à la table des négociations et reconnaître que ces négociations sont nécessaires", a-t-il ajouté.

Interrogé sur le fait que la reconnaissance de l'opposition syrienne par la Ligue arabe pourrait rendre sa position délicate, il a répondu: "Tout le monde à la Ligue arabe me dit que non".

Il a aussi affirmé que l'acte d'allégeance publique du Front al-Nosra au chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri "ne changeait pas sa mission". "La seule manière de protéger la Syrie de l'extrémisme, a-t-il estimé, est de régler cette crise (...), de mettre fin à la guerre".

Selon des diplomates, M. Brahimi a fait devant le Conseil le constat que le président syrien Bachar al-Assad n'était "pas disposé au dialogue".

Le Conseil reste divisé sur la crise syrienne, la Russie et la Chine ayant bloqué toutes les tentatives occidentales pour faire pression sur Damas depuis le début de cette crise en mars 2011.

Dans une récente interview, M. Assad a laissé entendre qu'il pourrait se représenter à la présidentielle à l'issue de son mandat en 2014.

M. Brahimi a suggéré à ce propos que les pays ayant une influence sur Damas --une allusion implicite à la Russie-- "lui demandent de ne pas le faire", a indiqué un diplomate.

M. Brahimi, a-t-il ajouté, n'a "rien dit de précis sur son avenir mais il n'a pas donné l'impression qu'il avait l'intention de démissionner dans l'immédiat".

Un autre diplomate du Conseil, parlant avant la réunion, soulignait que M. Brahimi "restait utile car il symbolise la possibilité d'un réglement politique" du conflit. "Nous espérons qu'il restera à son poste et nous l'encouragerons à le faire".

avz/mdm

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