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L'Irak sous tension à la veille des élections provinciales

19/04/2013 04:26 EDT | Actualisé 18/06/2013 05:12 EDT

Au lendemain d'un attentat qui a tué 27 personnes dans un café, Bagdad pansait ses plaies vendredi, veille des élections provinciales dont la campagne a été marquée par une recrudescence des violences.

Au matin, il ne restait plus grand chose du "café Dubaï", cible dans la soirée d'une attaque qui a fait 27 morts, dont trois enfants et une femme, et plus de 50 blessés, selon des sources médicales et sécuritaires.

Toutes les vitres des magasins et des maisons alentours ont volé en éclats sur cette artère d'ordinaire très animée du quartier sunnite d'Amriya, à l'ouest de Bagdad, a rapporté un journaliste de l'AFP.

Les habitants du quartier ne cachaient pas leur colère à l'encontre des forces de sécurité.

"Nous vivons au milieu de murs anti-explosions et de barrages. Même si elles (les forces de sécurité) ne sont pas à l'origine de l'attaque, elle y ont contribué parce qu'elles sont paresseuses et leurs contrôles sont mauvais. Tout ça, c'est de leur faute", s'est emporté un homme qui n'a pas souhaité donner son nom.

Le café était surtout fréquenté par des hommes jeunes qui venaient y jouer au billard et aux jeux vidéo. Le bilan est d'autant lourd que l'attentat a été commis jeudi soir, jour traditionnel de sortie en Irak.

En réaction, armée et police ont renforcé leurs contrôles routiers à travers la capitale irakienne, selon un journaliste de l'AFP. Et Amriya est soumis à un couvre-feu jusqu'à nouvel ordre.

Ce nouvel acte de violences n'a pas été revendiqué dans l'immédiat mais les insurgés sunnites, dont Al-Qaïda en Irak, continuent à mener des attaques quotidiennes, parfois de grande envergure, dans l'espoir de déstabiliser le gouvernement du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki.

Il intervient à moins de deux jours du grand rendez-vous électoral de cette année en Irak: 13,8 millions d'électeurs sont appelés à renouveler 12 des 18 assemblées provinciales au cours du premier scrutin organisé depuis le départ des troupes américaines, fin 2011.

La campagne électorale a été marquée par un vif regain des violences. Quatorze candidats ont été assassinés depuis le début de l'année. Et mars a été le mois le plus meurtrier depuis août 2012. Lundi, une nouvelle vague d'attentats a tué 50 personnes.

Mais, s'il doit permettre de se faire une idée de la popularité dont jouit M. Maliki et de la capacité des forces de sécurité à assurer son bon déroulement, le scrutin souffre déjà d'un formidable déficit de crédibilité, selon des diplomates et des analystes.

Seuls deux-tiers des provinces irakiennes votent. Les trois provinces de la région autonome du Kurdistan ont leur propre calendrier électoral et à Kirkouk (nord) un contentieux entre les différentes communautés empêche la tenue du scrutin.

En outre, face à l'instabilité qui y règne, le gouvernement a décidé de reporter le vote à Ninive (nord) et Anbar (ouest), deux provinces majoritairement sunnites où les manifestations anti-gouvernementales se succèdent depuis fin décembre.

Les protestataires sunnites réclament la démission de Nouri al-Maliki et la fin de la "marginalisation" dont ils estiment être victimes en raison de leur appartenance religieuse.

Au plan politique, le chef du gouvernement est embourbé dans une crise à rebondissements. Ses partenaires de la coalition gouvernementale l'accusent d'accaparer le pouvoir et le Parlement n'a voté aucune loi d'importance depuis les élections législatives de mars 2010.

bur-gde/sw

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