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Les banques ont peur de prêter de l'argent, juge Mario Draghi (BCE)

19/04/2013 03:20 EDT | Actualisé 19/06/2013 05:12 EDT

Les banques en Europe ont peur de prêter de l'argent doutant de la capacité de leurs clients à les rembourser, a déploré vendredi à Washington le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi.

"Les banques ont des craintes sur la solvabilité de leurs clients, elles ont peur que leurs clients ne les remboursent pas", a déclaré lors d'une conférence de presse Mario Draghi, à l'issue d'une réunion des ministres des Finances du G20. "Nous continuons à travailler" pour remédier à cette situation, a-t-il assuré.

Mais la raison principale du manque de crédits accordés par les banques de la zone euro, surtout dans les pays les plus fragiles, est "le manque de demande" en raison notamment du marasme économique, a-t-il ajouté.

C'est "un problème très sérieux", a reconnu de son côté le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

Interrogé sur la possibilité que la BCE abaisse son taux directeur lors de sa prochaine réunion le mois prochain, M. Draghi s'est refusé à toute indication, soulignant toutefois n'avoir vu "aucune amélioration de la situation" depuis la dernière réunion de la banque au début du mois.

Appelé aussi à commenter les propos du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble suggérant à la BCE de réduire les liquidités dans la zone euro, M. Draghi a rappelé que l'institution qu'il préside était "absolument indépendante".

Les deux responsables européens sont revenus sur le marasme économique qui prédomine en Europe, et sur les pressions qui se font jour pour que le Vieux continent renonce aux politiques d'austérité actuellement menées.

"Nous avons reçu beaucoup de conseils ces derniers jours sur le rythme de l'ajustement budgétaire en Europe. Eh bien, je vais vous livrer un secret: le rythme de l'ajustement budgétaire en Europe s'est déjà ralenti depuis l'an dernier", a assuré le commissaire européen.

Les efforts de réduction des déficits et de l'endettement représentent quelque 0,75% du Produit intérieur brut de la zone euro, a-t-il expliqué, soit la moitié de ce qu'ils étaient l'an dernier. Surtout, l'ajustement budgétaire aux Etats-Unis est bien plus important et devrait représenter quelque 1,75% du PIB du pays cette année, a encore expliqué M. Rehn.

ob/jt/sam

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