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Les 7 otages français libérés au Cameroun

19/04/2013 10:35 EDT | Actualisé 19/06/2013 05:12 EDT

La famille française enlevée au Cameroun en février dernier par le groupe islamiste Boko Haram a été libérée saine et sauve vendredi.

Les sept membres de la famille - dont quatre enfants âgés de 5 à 12 ans - sont rentrés dans la capitale du Cameroun, Yaoundé, vendredi, deux mois jour pour jour après leur enlèvement dans le nord du pays. La famille est arrivée à Yaoundé et a été emmenée à l'ambassade de France. Les ex-otages devraient rentrer en France tôt samedi.

Les circonstances de la libération demeurent inconnues et le père de famille, Tanguy Moulin-Fournier, s'est refusé à tout commentaire sur le sujet. Les autorités françaises et camerounaises sont également demeurées évasives sur les conditions de la libération.

« La famille a été libérée à la frontière entre le Cameroun et le Nigeria, près de Kolofata », une commune de l'extrême nord du Cameroun, s'est contenté de dire un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

« Les enfants vont bien », a confié le M. Moulin-Fournier, en parlant de ses quatre garçons. « Nous sommes tellement heureux de retourner au Cameroun, de pouvoir retrouver tous nos amis et tous nos frères camerounais, c'est avec les larmes que je vous le dis. »

M. Moulin-Fournier, son épouse et son frère sont apparus amaigris, mais les enfants sont demeurés à l'écart des médias. Ils « sont en bonne forme, fatigués évidemment, mais extrêmement heureux », a déclaré le ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius.

« Les conditions de nourriture et de détention étaient très, très difficiles », a-t-il poursuivi.

Une équipe médicale a profité du voyage de retour vers Yaoundé pour leur effectuer un bilan de santé.

Aucune rançon versée, selon la France

La famille de M. Moulin-Fournier vivait à Yaoundé depuis 2011. L'homme y travaillait pour l'entreprise GDF Suez. Quant au frère de M. Moulin-Fournier, Cyril, il vivait en Espagne, mais il était venu rejoindre la famille de son frère pour des vacances. Ils ont tous été enlevés dans le nord du Cameroun lors d'une visite d'un parc national. 

Les ravisseurs se réclamaient du groupe islamique Boko Haram, un groupe actif dans le nord du Nigeria, voisin du Cameroun. La région est troublée par des attentats et des assassinats réprimés dans le sang par les forces de l'ordre nigérianes. « Nous affirmons au monde que nous ne libérerons pas les otages français tant que les membres de nos familles sont emprisonnées au Nigeria et au Cameroun », avait déclaré le groupe dans une vidéo diffusée à la fin du mois de mars. « La force ne servira pas à les libérer, nous sommes prêts à nous défendre avec force ».

Les revendications de Boko Haram avaient été jugées hors de portée de la France par ses dirigeants. Malgré cette apparente impasse et la libération des otages, la France soutient ne pas avoir payé de rançon pour faire libérer les otages.

« Vous connaissez la position de la France : nous recherchons tous les contacts, nous utilisons les intermédiaires qui sont les plus utiles, mais nous ne cédons pas sur les principes », a martelé le président français, vendredi. « Je crois avoir été suffisamment clair pour dire que nous ne changeons pas notre principe, qui est le non-versement par la France de rançons », a-t-il poursuivi.

M. Fabius a précisé avoir parlé avec le président Biya « presque tous les jours au cours de ces dernières semaines ».

La France compte toujours au moins sept ressortissants retenus en otage en Afrique. Des enlèvements revendiqués par des groupes islamistes, dont six par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) au Sahel.

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