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Le G20 mis au défi d'en finir avec le secret bancaire

19/04/2013 11:57 EDT | Actualisé 19/06/2013 05:12 EDT

Les pays riches et émergents du G20 ont l'occasion vendredi à Washington de lever en grande partie le secret bancaire s'ils acceptent de porter au niveau international une série de mesures renforçant drastiquement la lutte contre l'évasion fiscale.

Plusieurs pays y sont favorables, dont les Etats-Unis et la plupart des pays européens, mais il reste encore à convaincre les autres pays du G20 de faire de l'échange automatique d'informations fiscales la nouvelle norme internationale en la matière.

Ces échanges se font aujourd'hui "à la demande", uniquement en réponse à une requête officielle et détaillée, ce qui est jugé largement insuffisant par certains Etats et les ONG engagés dans la lutte contre les paradis fiscaux.

Celle-ci est revenue sur le devant de la scène à la faveur de l'"Offshore leaks". Les révélations sur des placements offshore se sont multipliées il y a quelques semaines à l'initiative du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), une ONG de Washington qui détient 2,5 millions de fichiers secrets sur les paradis fiscaux.

"Une porte a été ouverte vers la fin du secret bancaire, pas seulement entrouverte, c'est quelque chose d'extrêmement important", a déclaré jeudi devant la presse le ministre français des Finances Pierre Moscovici, en marge de l'assemblée de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM).

Mais il faut maintenant que ces avancées trouvent leur traduction au niveau international, a expliqué le ministre.

"Cette année, une série de mesures ont été prises au niveau européen. C'est maintenant au G20 dans son intégralité de préserver cet élan en faveur d'une réforme financière mondiale", a plaidé de son côté l'ONG Transparency International dans une lettre adressée aux ministres des Finances.

Le G20 devait aussi faire le point sur la situation de l'économie mondiale qui souffre encore du marasme en Europe.

Sans grande surprise, les Etats-Unis et les pays émergents ont renouvelé cette semaine leurs appels pour que le Vieux Continent en fasse plus pour la croissance. "Il y a un risque de crise prolongée, en dépit de tous nos efforts au G20 et dans d'autres instances internationales", a ainsi déclaré le ministre brésilien des Finances Guido Mantega, dans un discours devant être prononcé samedi devant le FMI et dont l'AFP a obtenu copie.

Dans ces conditions, "les décisions collectives que nous devons prendre doivent consister à stimuler la demande", a-t-il insisté, soulignant que certains pays riches avaient des marges de manoeuvre budgétaires pour cela.

"Tout le monde comprend aujourd'hui qu'ajouter l'austérité à la récession serait une faute lourde", a assuré de son côté M. Moscovici.

Mais son homologue allemand Wolfgang Schäuble n'a pas les mêmes préoccupations. "La réduction des déficits dans la zone euro doit continuer", a-t-il insisté vendredi à Washington devant quelques journalistes. "Les Européens sont en voie de résoudre leurs problèmes. Et cela prend du temps avant qu'ils ne renouent avec la croissance", a-t-il ajouté.

La directrice générale du FMI, Christine Lagarde, a remarqué jeudi que la Banque centrale européenne (BCE) était la seule, parmi les grandes banques centrales dans le monde, à disposer encore de marges de manoeuvre.

"Il lui appartiendra de déterminer, en toute indépendance, à quel moment cet espace devra être utilisé pour potentiellement réduire ses taux d'intérêts", a-t-elle ajouté lors d'une conférence de presse.

Las, M. Schäuble a, au contraire, appelé la BCE à réduire les liquidités trop importantes selon lui en zone euro, une mesure a priori incompatible avec une baisse des taux.

"Il y a beaucoup d'argent sur le marché, selon moi trop d'argent", a-t-il déclaré dans un entretien au magazine allemand WirtschaftsWoche à paraître lundi, mais dont des extraits ont été publiés vendredi.

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