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Irak: nouveaux attentats à la veille d'un scrutin sous tension

19/04/2013 08:35 EDT | Actualisé 19/06/2013 05:12 EDT

L'Irak connaissait un nouvel accès de violences à la veille des élections provinciales de samedi, le premier scrutin depuis le départ des troupes américaines fin 2011, avec la mort de 35 personnes dans des attentats qui ont ensanglanté le pays depuis jeudi soir.

Les élections doivent servir de baromètre de la popularité du Premier ministre Nouri al-Maliki, en conflit avec ses partenaires de coalition et la minorité sunnite, et montrer la capacité des forces de sécurité à maintenir l'ordre.

Mais vendredi de nouvelles attaques contre des mosquées ont fait 8 morts et 27 blessés.

A Khales, dans la province de Diyala, au nord de Bagdad, quatre tirs de mortier ont tué sept fidèles et en ont blessé 12 alors qu'ils sortaient de la prière du vendredi. Plus au nord, à Kirkouk, l'explosion d'une bombe dans une mosquée chiite a tué une personne et en a blessé 15 autres.

Ces violences surviennent au lendemain d'un spectaculaire attentat contre un café du quartier sunnite d'Amriya, dans l'ouest de Bagdad. Selon des sources médicales et sécuritaires, 27 personnes, dont trois enfants et une femme, ont été tuées, plus de 50 autres ont été blessées.

Toutes les vitres des magasins et des maisons alentours ont volé en éclats, a rapporté un journaliste de l'AFP qui s'est rendu sur les lieux de l'attentat vendredi matin.

Les habitants du quartier ne cachaient pas leur colère à l'encontre des forces de sécurité.

"Nous vivons au milieu de murs anti-explosions et de barrages. Même si elles (les forces de sécurité) ne sont pas à l'origine de l'attaque, elle y ont contribué parce qu'elles sont paresseuses et leurs contrôles sont mauvais. Tout ça, c'est de leur faute", s'est emporté un homme qui n'a pas souhaité donner son nom.

Ces nouveaux attentats n'ont pas été revendiqués mais les insurgés sunnites, dont Al-Qaïda en Irak, continuent à mener des attaques quotidiennes dans l'espoir de déstabiliser le gouvernement de Nouri al-Maliki.

En réaction à l'attaque de jeudi soir, armée et police ont renforcé leurs contrôles routiers à travers la capitale irakienne. Et Amriya est soumis à un couvre-feu jusqu'à nouvel ordre.

Plus généralement, et pour assurer la sécurité lors du vote samedi, Saad Maan, porte-parole du ministère de l'Intérieur, a assuré à l'AFP que dans tout le pays "les forces des ministères de l'Intérieur et de la Défense seront déployées".

Au cours de ces élections, 13,8 millions d'électeurs sont appelés à renouveler 12 des 18 assemblées provinciales.

La campagne électorale a été marquée par un vif regain des violences. Quatorze candidats ont été assassinés depuis le début de l'année. Mars a été le mois le plus meurtrier depuis août 2012 et, depuis dimanche, 118 personnes ont péri dans des violences.

Mais le scrutin souffre d'un déficit de crédibilité, selon diplomates et analystes.

Seuls deux-tiers des provinces irakiennes votent. Les trois provinces de la région autonome du Kurdistan ont leur propre calendrier électoral et à Kirkouk (nord), un contentieux entre les différentes communautés empêche la tenue du scrutin.

En outre, face à l'instabilité qui y règne, le gouvernement a décidé de reporter le vote à Ninive (nord) et Anbar (ouest), deux provinces majoritairement sunnites où les manifestations anti-gouvernementales se succèdent depuis fin décembre.

Les protestataires sunnites réclament la démission de Nouri al-Maliki et la fin de la "marginalisation" dont ils estiment être victimes en raison de leur appartenance religieuse.

Au plan politique, le chef du gouvernement est embourbé dans une longue crise. Ses partenaires de la coalition gouvernementale l'accusent d'accaparer le pouvoir et le Parlement n'a voté aucune loi d'importance depuis les élections législatives de mars 2010.

bur-gde/vl

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