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Haïti: l'ex-président Jean-Bertrand Aristide témoin dans le meurtre d'un journaliste : Jean Dominique

19/04/2013 10:48 EDT | Actualisé 19/06/2013 05:12 EDT
Getty Images
PRETORIA, SOUTH AFRICA ? JUNE 7: Jean Bertrand Aristide, the former dictator of Haiti, who was deposed from power in a fierce uprising earlier this year, addresses the media, June 7, 2004 at a press conference with South Africa's minister of foreign affairs, Nkosazana Dlamini Zuma, at the Union Buildings, Pretoria, South Africa. Aristide has been granted asylum by South Africa, allowing the former leader to leave Jamaica after two and half months in exile. (Photo by Naashon Zalk/Getty Images)

L'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide a été convoqué comme témoin par un juge d'instruction dans le cadre d'une enquête sur l'assassinat en avril 2000 d'un célèbre journaliste, a-t-on appris vendredi de sources judiciaires.

M. Aristide sera entendu à titre de témoin. Il doit se présenter en personne au cabinet d'instruction du juge Ivikel Dabrésil chargé d'enquêter sur le meurtre du journaliste, a indiqué à l'AFP un juge qui a souhaité garder l'anonymat.

Le journaliste Jean Dominique, qui avait été exilé sous le gouvernement de l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier, a été abattu le 3 avril 2000 dans la cour de la station de Radio Haïti-Inter dont il était le propriétaire. Le gardien de la station a été également tué par des inconnus armés.

"Le juge attend que M. Aristide se présente à son cabinet. C'est obligatoire", a-t-il ajouté.

"Je sais qu'il est convoqué pour le 24 avril, mais je ne sais pas si le président Aristide se présentera. La décision sera prise lorsqu'il aura rencontré ses avocats. Il va prendre une décision", a confié à l'AFP Me Camille Leblanc, un ancien ministre de la justice de M. Aristide.

Jean-Bertrand Aristide a dirigé Haïti à deux reprises. Une première fois de 1991 à 1996, mais son mandat a été interrompu dès la première année par un coup d'état militaire. Après trois années d'exil aux Etats-Unis, il a été rétabli en 1994.

Lors de son deuxième mandat, en 2001-2006, il a été contraint de démissionner en 2004 avant de passer sept ans en exil en Afrique du sud.

Il est retourné en Haïti en mars 2011.

Un autre ancien président haïtien, René Préval, a été entendu en mars par le juge Ivikel Dabrésil, qui a également interrogé un ancien ministre de l'intérieur dans l'enquête sur la mort de Jean Dominique.

"Depuis que nous avons été chargés de cette affaire en 2010, nous avons entendu une quinzaine de personnes, dont la veuve de la victime, Michèle Montas (ancienne porte-parole du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, ndlr) et un ex-chef de la police haïtienne", avait souligné en mars le juge d'instruction.

Depuis 2000, pas moins de 12 juges se sont succédés dans l'instruction de cette affaire qui défraie la chronique en Haïti.

cre/lor

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