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Dette: les fonds "vautours" refusent l'offre de l'Argentine

19/04/2013 06:49 EDT | Actualisé 19/06/2013 05:12 EDT

Les fonds spéculatifs --qualifiés de "vautours" par l'Argentine-- ont refusé vendredi l'offre de Buenos Aires pour la restructuration de sa dette de 2001 et exigé un paiement intégral des 1,33 milliard de dollars qui leur seraient dus.

La Cour d'appel de New York avait ordonné à ces fonds de répondre, d'ici au 22 avril, à l'offre argentine présentée le 29 mars.

Ce tribunal avait ratifié à la fin de l'an dernier une décision du juge fédéral Thomas Griesa qui autorisait les fonds spéculatifs NML Capital et Aurelius à recouvrir immédiatement et en une seule fois la somme de 1,33 milliard de dollars (environ un milliard d'euros) en capital et intérêts, due par l'Argentine en défaut de paiement pendant la crise financière de 2001.

"L'ordre du tribunal n'a en aucune manière représenté un abus mais doit être réaffirmé", ont indiqué les deux fonds, dans un document de 30 pages remis à la Cour d'appel.

Dans son offre présentée fin mars, l'Argentine a proposé aux deux fonds un paiement aux mêmes conditions que les accords de restructuration de sa dette de 2010.

Pour ses dettes de 2005 et 2010, le pays a restructuré environ 93% de ses obligations avec une décote proche de 70% de la valeur nominale des titres et des échéances de 28 à 33 ans. Mais les créanciers des 7% restants ont déjà dit qu'ils refusaient ces conditions.

A la suite de cette réponse des deux fonds, le tribunal de New York peut désormais se prononcer à n'importe quel moment.

Buenos Aires risque donc d'être condamné à payer ces fonds spéculatifs en même temps que les créanciers ayant accepté la restructuration, ce qui placerait l'Argentine en position délicate voire l'obligerait à faire une nouvelle fois défaut sur sa dette.

Le gouvernement argentin a toutefois déjà prévenu qu'il n'accepterait pas un jugement l'obligeant à rembourser 100% de sa dette, afin de ne pas être contraint à rembourser aux mêmes conditions les créanciers ayant accepté ses précédentes offres de restructuration.

En cas de condamnation, les autorités du pays auront la possibilité de saisir la Cour suprême de Etats-Unis, sans aucune certitude toutefois qu'elle accepte de se saisir du dossier ou que ce recours suspende l'exécution du jugement.

mar/ob/jt/sam

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