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Argentine: un nouvel indice des prix ne suffira pas à éviter des sanctions (FMI)

19/04/2013 08:00 EDT | Actualisé 19/06/2013 05:12 EDT

Le Fonds monétaire international (FMI) a averti vendredi l'Argentine que l'adoption d'une nouvelle méthode de mesure de son inflation n'était pas suffisante pour éviter au pays sud-américain, accusé de manipuler ses statistiques économiques, d'éventuelles sanctions.

Le FMI a sanctionné l'Argentine début février en émettant une "déclaration de censure" pour la première fois de son histoire, une mesure pouvant déboucher sur la perte des droits de vote de l'Argentine au sein de l'organisation internationale, voire sur son exclusion pure et simple du FMI.

Mais l'institution a décidé de reporter les sanctions et donné jusqu'à la fin septembre à Buenos Aires pour se mettre en conformité.

"On pose souvent la question de savoir si la seule adoption d'un nouvel indice élimine ou neutralise cette censure, et la réponse à cela est non", a déclaré le sous-directeur du FMI pour l'Amérique latine, Miguel Savastano, lors d'une conférence de presse.

Sitôt après cette "censure" décidée par le Fonds, Buenos Aires avait annoncé l'adoption d'un nouvel indice des prix, devant entrer en vigueur au dernier trimestre 2013.

Le directeur du FMI pour l'Amérique latine, Alejandro Werner a souligné de son côté que Buenos Aires et le Fonds restaient en contact et que leurs échanges se déroulaient de "manière constructive", notamment sur les implications de la réforme proposée par le gouvernement argentin.

Depuis juillet 2011, l'Argentine est dans le collimateur du Fonds qui l'accuse de manipuler ses données sur la croissance et l'inflation, en violation des obligations faites à ses Etats-membres.

Ses chiffres officiels de 2012 faisaient état d'une inflation à 10,8% alors que les instituts privés l'évaluaient à plus du double (25,6%).

Après plusieurs ultimatums et des échanges d'amabilités, le conseil d'administration du Fonds, qui représente ses 188 Etats-membres, a jugé début février que les progrès du pays n'étaient "pas suffisants" et a enjoint au pays de rectifier le tir de toute urgence.

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