POLITIQUE

Allocations de logement: le sénateur Duffy ne promet plus de rembourser

19/04/2013 05:00 EDT | Actualisé 19/06/2013 05:12 EDT
CP

OTTAWA - Le leader parlementaire du gouvernement, Peter Van Loan, nie que le sénateur conservateur Mike Duffy ait promis de rembourser son allocation de logement liée à sa demeure de l'Île-du-Prince-Édouard.

M. Van Loan répondait à des informations voulant que M. Duffy soit revenu sur sa promesse publique de rembourser des dizaines de milliers de dollars reçus après avoir affirmé qu'un cottage situé dans cette province insulaire était sa résidence principale.

En fait, M. Duffy habite Ottawa depuis longtemps, et réside de façon permanente dans la capitale, ce qui l'empêche de pouvoir recevoir des allocations du Sénat pour un pied-à-terre dans la capitale.

Le sénateur, un ancien journaliste, a émis une déclaration en février, en plein coeur d'un scandale des dépenses au Sénat, disant qu'il rembourserait les fonds.

Cette semaine, cependant, M. Duffy a déclaré sur les ondes de Global TV qu'il n'avait pas remboursé l'argent et qu'il pourrait bien ne pas le faire, en fonction des conclusions d'un audit mené par la Chambre haute.

Questionné aux Communes à propos du changement d'avis du sénateur, M. Van Loan a dit croire que M. Duffy ne s'était jamais engagé à rembourser l'argent.

«Plutôt que de laisser cette affaire s'étirer, ma femme et moi avons décidé que l'allocation liée à ma maison à Ottawa serait remboursée», disait M. Duffy dans sa déclaration de février.

Le député néo-démocrate Charlie Angus a interrogé M. Van Loan à propos de l'engagement du sénateur à «rembourser l'argent et à mettre fin à ce stratagème de location d'une adresse», ajoutant que M. Duffy semblait avoir adopté une attitude «attrapez-moi si vous le pouvez».

«Je ne crois pas qu'il ait fait ces commentaires, a rétorqué M. Van Loan. Nous attendrons les conclusions de l'audit, bien entendu, mais notre gouvernement a été clair: nous nous sommes engagés à nous assurer que toutes les dépenses soient appropriées au Sénat, que les règles entourant les dépenses soient appropriées et que le Sénat suive ces règles.»

Plus tard vendredi, un porte-parole du cabinet de M. Van Loan a indiqué que le ministre mettait plutôt en doute le fait que le sénateur ait admis qu'il n'a toujours pas remboursé les indemnités — il ne remettait pas en cause le fait que M. Duffy ait promis de rembourser.

En vertu de la Constitution, les sénateurs doivent posséder leur résidence principale dans la province qu'ils représentent. M. Duffy représente l'Île-du-Prince-Édouard, où il affirme qu'un cottage est sa résidence principale, bien que des voisins et des documents provinciaux laissent croire qu'il n'y passe que peu de temps chaque année.

En janvier, le comité interne des finances du Sénat a demandé aux sénateurs réclamant des allocations pour résidence secondaire de prouver que leur demeure principale ne se trouve pas dans un rayon de 100 kilomètres de la capitale, comme l'exigent les règles.

M. Duffy a demandé une carte d'assurance-maladie de sa province, mais sa requête a été rejetée. Des documents fiscaux de la province révèlent par ailleurs que M. Duffy et son épouse sont identifiés comme des propriétaires non-résidants de leur cottage.