NOUVELLES

USA: partisans et adversaires de Keystone s'affrontent dans le Nebraska

18/04/2013 03:21 EDT | Actualisé 18/06/2013 05:12 EDT

Partisans et adversaires de l'extension de l'oléoduc Keystone, qui doit acheminer du pétrole du Canada au Golfe du Mexique, se sont affrontés publiquement jeudi dans le Nebraska, où le projet est très controversé en raison de son impact potentiel sur l'environnement.

Le projet né il y a 5 ans doit créer une nouvelle route d'acheminement du pétrole issu des sables bitumineux du Canada vers le Golfe du Mexique en passant par le Montana (nord-ouest), le Dakota du sud (nord) et le Nebraska (centre).

Estimé à 5,3 milliards de dollars par son promoteur, TransCanada, son lancement, s'il obtient le feu vert du gouvernement américain, créerait 6.500 emplois directs aux Etats-Unis selon le groupe canadien.

Mais les défenseurs de l'environnement affirment que ce nouveau tronçon de l'oléoduc renforcera la dépendance des Etats-Unis à l'une des formes d'hydrocarbures les plus polluantes au monde.

"La principale raison pour laquelle nous nous opposons à cet oléoduc, c'est parce qu'il représente une menace pour l'eau dont les propriétaires terriens dépendent pour travailler", a expliqué Jane Kleeb, directrice de la coalition des propriétaires et des éleveurs appelé "Bold Nebraska" lors d'une conférence de presse.

"Nous voulons que le département d'Etat nous écoute et fasse effectuer, comme nous le demandons depuis quatre ans, une étude sérieuse de l'impact du projet sur l'eau ainsi qu'une étude du risque économique sur les propriétés en cas de rupture de l'oléoduc et de marée noire", a-t-elle ajouté.

"Nous devons insister pour que le président Obama respecte son appel lancé en 2008 à l'émergence d'une génération qui va enfin libérer l'Amérique de la tyrannie du pétrole", a lancé peu après, durant l'audition publique organisée jeudi dans le Nebraska, Charlie Spotted Tail, un représentant du conseil tribal indien du sud du Dakota du Sud.

"Nous n'allons pas nous priver de critiquer (...) nos élus qui prennent la défense d'une société étrangère au détriment de leurs propres citoyens", a martelé Randy Thompson, un agriculteur, membre de la coalition "All risk, no reward" ("Que des risques, pas de récompense") sous les applaudissements.

"Je suis ici aujourd'hui pour vous dire que nous savons construire des oléoducs sûrs et efficaces", a insisté de son côté Tom Gross, directeur de "Pipeline Oil and Gas distribution", un des défenseur du projet. "Les communautés et les Etats qui seront traversés par l'oléoduc vont bénéficier de millions de dollars de revenus d'impôt", a-t-il ajouté.

Peu avant l'audition publique, Vern Meier, responsable chez TransCanada de la sécurité des pipelines avait expliqué que "Keystone serait un lien sûr depuis les champs de pétrole canadiens et américains vers les raffineries sur la côte du Golfe du Mexique".

Corey Gourlet, vice-président de TransCanada, responsable du projet Keystone, avait déclaré plus tôt que "les quatre études environnementales nationales effectuées en 5 ans qui ont produit 12.000 pages de documents, sont toutes arrivées à la même conclusion: Keystone XL aura un impact minimal sur l'environnement".

Les défenseurs de Keystone XL assurent aussi que l'oléoduc augmentera la sécurité énergétique des Etats-Unis car il "réduira la dépendance au pétrole provenant de pays potentiellement instables", notamment du Moyen-Orient.

gm-js/mdm

PLUS:afp