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Procès du doyen de faculté tunisienne: jugement mis en délibéré au 2 mai

18/04/2013 06:26 EDT | Actualisé 18/06/2013 05:12 EDT

Un tribunal tunisien a mis jeudi en délibéré au 2 mai son jugement dans le procès du doyen d'une faculté accusé d'avoir agressé une étudiante islamiste en niqab, une affaire en cours depuis plus d'un an et devenue un symbole du bras de fer entre les camps islamistes et laïques.

"Le jugement sera prononcé le 2 mai", a indiqué à l'AFP Mokhtar Trifi, l'un des avocats de l'universitaire Habib Kazdaghli.

Quelques minutes avant l'audience de jeudi, le doyen de la faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (banlieue de Tunis) avait indiqué espérer que le tribunal trancherait en sa faveur.

"J'espère la fin de ce feuilleton, j'ai confiance en la justice tunisienne mais je crains qu'elle ne soit manipulée", avait-il déclaré.

M. Kazdaghli, dont le procès est en cours depuis juillet 2012, risque jusqu'à cinq ans de prison pour "acte de violence commis par un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions". Le jugement était attendu à l'origine en janvier, mais les reports d'audience se sont multipliés depuis.

Les faits remontent au mois de mars 2012, lorsque deux étudiantes portant le voile intégral ont mis à sac son bureau. L'une d'elles, qui avait été exclue de la faculté pour avoir porté le niqab en salle de cours, accuse l'universitaire de l'avoir giflée.

M. Kazdaghli a dénoncé une "affaire montée de toute pièce" et porté plainte contre les deux jeunes filles. Il a cependant annoncé mardi renoncer aux poursuites qu'il avait engagées contre elles pour le saccage de son lieu de travail.

"Les étudiants sont comme mes enfants et un père ne poursuit pas ses enfants devant la justice", a-t-il expliqué à l'AFP.

Ce dossier est devenu emblématique en Tunisie des tensions entre laïcs et islamistes, le parti Ennahda étant accusé de chercher à orchestrer une islamisation rampante de la société et de laxisme à l'égard des groupuscules salafistes.

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