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L'ex-dirigeante du Tribunal canadien des droits de la personne est critiquée

18/04/2013 12:57 EDT | Actualisé 18/06/2013 05:12 EDT

OTTAWA - Un rapport accablant du commissaire à l'intégrité du service public accuse l'ancienne dirigeante du Tribunal canadien des droits de la personne d'avoir traité incorrectement son personnel, à un point tel que des employés en sont devenus malades et que l'environnement de travail est devenu dysfonctionnel.

Les résultats d'une enquête de deux ans menée par Mario Dion sont contenus dans un rapport présenté jeudi au Parlement. Le document révèle que le comportement de Shirish Chotalia envers certains employés et membres du tribunal représentait du harcèlement et un abus d'autorité.

«Il s'agit du pire manque de respect vis-à-vis de subalternes que j'aie vu en près de deux ans et demi à titre de commissaire à l'intégrité du secteur public», a déclaré M. Dion lors d'une conférence téléphonique.

Le rapport conclut que Mme Chotalia a commis de graves erreurs de gestion du personnel en adoptant un comportement intimidant et agressif, en plus d'émettre des commentaires inappropriés. Elle y est également décrite comme un tyran qui agressait et insultait ses employés, au point de les faire pleurer.

«Lors de réunions et en présence d'autres employés, Mme Chotalia se comportait d'une façon humiliante envers les gens», stipule le rapport.

Elle espionnait également son personnel, et conservait un dossier secret sur un employé, ajoute le rapport, bien que cette personne n'ait jamais été informée de quelque problème que ce soit.

Des enquêteurs ont par ailleurs découvert qu'elle faisait travailler ses employés au-delà des heures normales sans payer d'heures supplémentaires.

L'ancienne dirigeante du tribunal a refusé de collaborer à l'enquête, a dit le commissaire Dion. Le rapport mentionne qu'elle considérait que l'examen du commissaire à l'intégrité du service public constituait une chasse aux sorcières.

Mme Chotalia a été nommée présidente du tribunal en 2009 par le premier ministre Stephen Harper. L'avocate d'Edmonton a toutefois démissionné en novembre dernier, quatre ans avant la fin prévue de son mandat, à la suite de plusieurs controverses.

La principale intéressée n'a pas immédiatement répondu à des demandes de commentaires.

M. Dion a souligné l'ironie dans le fait qu'une personne mandatée pour défendre les droits de la personne soit accusée de tels abus. «Il en a résulté une atmosphère empoisonnée au tribunal, a-t-il dit. Un endroit qui situe pourtant les droits de la personne au sommet des priorités.»

Le chef du syndicat qui représentait le principal plaignant dans cette affaire a dit espérer que les conclusions du commissaire mèneraient à une meilleure protection pour les employés.

«En vertu des règles actuelles, les plaintes concernant les abus d'autorité, le harcèlement et la discrimination doivent être entendues par la direction d'un service du gouvernement fédéral», a déclaré John Edmunds, du Syndicat des employés du Solliciteur général.

«Dans ce cas-ci, la plainte visait justement la direction. Voilà pourquoi le plaignant et le syndicat ont déposé une plainte auprès du Bureau du commissaire à l'intégrité du service public.»

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