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Les opposants au projet Keystone XL rencontrent ses partisans au Nebraska

18/04/2013 04:38 EDT | Actualisé 18/06/2013 05:12 EDT

GRAND ISLAND, États-Unis - Les opposants et les partisans au pipeline devant acheminer le pétrole des sables bitumineux albertains vers le Texas ont convergé jeudi, dans une ville du Nebraska, aux États-Unis, à l'occasion de ce qui pourrait devenir un moment charnière dans la réalisation du projet.

Malgré une tempête printanière qui a apporté du grésil et de la neige au Nebraska, plusieurs centaines de personnes étaient attendues à Grand Island pour assister à une audience du département d'État américain considérée par plusieurs comme un champ de bataille crucial dans le processus d'approbation du pipeline Keystone XL.

Après des mois de stagnation, un rapport du département d'État a ouvert la voie à une décision finale sur le tracé proposé par TransCanada (TSX: TRP) pour transporter le bitume extrait des sables bitumineux sur plus de 2700 kilomètres, jusqu'aux raffineries de la côte du Golfe du Mexique.

Du côté des opposants, leur attention se porte maintenant vers le nouveau secrétaire d'État, John Kerry, qui doit bientôt recommander au président Barack Obama de donner ou non le feu vert au projet.

Les militants ont indiqué qu'ils gardaient espoir que M. Obama rejette le projet de pipeline en raison de préoccupations environnementales, comme les possibles déversements ou l'impact du projet en termes de changements climatiques. S'il est construit, le pipeline permettra de transporter environ 800 000 barils de pétrole par jour.

Avant l'audience qui a duré huit heures, les opposants ont déclaré qu'ils n'abandonneraient pas la lutte, même si M. Obama donnait son approbation au projet.

Abbie Kleinschmidt, 54 ans, a déclaré qu'elle était prête à bloquer le chemin aux bouldozeurs de TransCanada si le pipeline était approuvé.

Mme Kleinschmidt, qui est agricultrice, a dit craindre que le pipeline, qui pourrait traverser les terres où elle cultive le maïs et le soja, contamine la nappe phréatique.

«J'espère qu'on n'en arrivera pas là, a-t-elle lancé. Mais il est de notre devoir de prendre soin de cette terre.»

D'autres envisagent de poursuivre la lutte contre le projet devant les tribunaux locaux, si TransCanada a recours à l'expropriation.

Le gouverneur du Nebraska, Dave Heineman, s'est opposé publiquement au tracé initial, puis il a ensuite donné son appui au projet après que la plan eut été modifié pour que le pipeline ne traverse pas la région Sandhills, qui abrite un important réservoir d'eau souterrain. M. Heineman s'est dit satisfait, puisque l'État a écouté les préoccupations des propriétaires terriens, précisant qu'un rapport de 2000 pages du département d'État concluait que la qualité de l'environnement ne serait pas mise en péril par le projet, et qu'il aura au final un impact minime sur l'environnement.

Un porte-parole de TransCanada, Shawn Howard, a pour sa part indiqué que la compagnie avait été à l'écoute des préoccupations des résidants du Nebraska à l'occasion d'une série d'audiences publiques organisée par l'État.

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