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Le chef d'état-major des armées de Guinée-Bissau inculpé aux Etats-Unis

18/04/2013 07:11 EDT | Actualisé 18/06/2013 05:12 EDT

Le chef d'état-major des armées de Guinée-Bissau a été inculpé jeudi pour complot de narco-terrorisme avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), a annoncé le procureur de Manhattan.

L'inculpation d'Antonio Indjai, toujours en fonction dans son pays, intervient après l'arrestation au Cap-Vert et l'incarcération le 5 avril à New York de l'ancien chef de la Marine de Guinée-Bissau, José Américo Bubo Na Tchuto, pour trafic de drogue.

Selon l'acte d'accusation, Antonio Indjai, qui aurait participé au coup d'Etat de 2012 en Guinée-Bissau, est inculpé de soutien aux FARC, désignées comme une organisation terroriste par les Etats-Unis depuis 1997.

Selon le procureur new-yorkais Preet Bharara, "Antonio Indjai a, depuis sa position à la tête de l'armée de Guinée-Bissau, comploté pour user de son pouvoir et de son autorité afin de jouer un rôle d'intermédiaire et de faire de son pays une gare de transit pour des individus qu'il savait terroristes et narco-trafiquants".

Le lieutenant-général Indjai est accusé d'avoir facilité l'entrepôt de la cocaïne des FARC en Afrique de l'ouest, comploté en vue de l'importation de stupéfiants aux Etats-Unis et de ventes d'armes, dont des missiles sol-air, destinées à être utilisées pour protéger le trafic de drogue en Colombie.

Les charges pour lesquelles il est inculpé, complot de narco-terrorisme, complot de distribution de plus de 5 kilos de cocaïne, avec l'intention ou la connaissance que celle-ci serait importée aux Etats-Unis, complot de soutien matériel à une organisation terroriste et complot d'acquisition et de transfert de missiles sol-air, lui font encourir la prison à perpétuité.

Lors de rencontres, en juin 2012, scrupuleusement observées par des agents infiltrés de l'Agence américaine anti-drogue (DEA), Indjai et ses complices, arrêtés et incarcérés aux Etats-Unis début avril, ont accepté de recevoir de la cocaïne en Guinée-Bissau, de la stocker en attendant qu'elle soit transportée aux Etats-Unis pour y être vendue au bénéfice des FARC.

Ils auraient également "arrangé l'achat d'armes pour les FARC, dont des missiles sol-air, en les important au nom de l'armée de Guinée-Bissau, avec l'intention de les fournir aux FARC".

Cet officier, toujours en fonction en Guinée-Bissau, est frappé d'une interdiction de voyager émise par l'ONU depuis le coup d'Etat, ce qui devrait rendre son arrestation plus difficile pour les Etats-Unis.

Son compatriote José Américo Bubo Na Tchuto et deux co-accusés ont été traduits le 5 avril devant un juge de New York. Ils sont accusés d'avoir participé à un vaste réseau international de trafic de drogue trouvant son origine en Amérique latine.

"Ils recevaient des tonnes de cocaïne, les transportaient en bateau d'Amérique du Sud vers la Guinée-Bissau, et l'entreposaient dans le pays avant son envoi vers d'autres destinations, dont les Etats-Unis", selon l'accusation.

José Américo Bubo Na Tchuto avait été arrêté au Cap-Vert grâce à une opération menée sous couverture par des membres de la DEA.

Pays en proie depuis son indépendance du Portugal, en 1974, à une instabilité chronique, avec des coups d'Etat récurrents - avortés ou réussis - et des violences où l'armée joue un rôle prépondérant, la Guinée-Bissau est devenue une zone de transit de narco-trafiquants.

chv/lor

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