La quotidien montréalais La Presse a lancé jeudi sa nouvelle version iPad, fruit de trois ans de recherche et de 40 millions de dollars d'investissement, qui doit remplacer à terme l'édition papier et, espèrent ses dirigeants, stopper l'érosion de la publicité.

Baptisée La Presse+, l'application -téléchargeable sur le kiosque d'Apple- est totalement gratuite, alors que le journal est vendu 95 cents dans le commerce.

"La gratuité est un phénomène irréversible en information", a estimé Guy Crevier, directeur de La Presse, lors d'un entretien avec l'AFP, convaincu que "l'iPad, la tablette numérique, va devenir le média de masse" dans les prochaines années.

Ne reposant désormais que sur la publicité, le journal a développé des outils spéciaux pour permettre aux annonceurs et aux agences publicitaires de produire du contenu adapté aux nouvelles possibilités. Le ratio contenu éditorial/publicité reste similaire à l'édition papier: 60% / 40%.

L'objectif affiché est d'atteindre 400.000 utilisateurs uniques chaque semaine d'ici la fin de l'année.

"La Presse+ devient le vaisseau amiral de tout notre écosystème d'information", a fait valoir M. Crevier, qui mise sur un abandon progressif du tirage papier. Entre l'impression et la diffusion dans toutes les régions du Québec, le papier à lui seul génère des coûts annuels compris entre 85 et 90 millions de dollars, a noté le patron de La Presse.

La nouvelle version numérique a conservé le design coloré du journal papier, tiré en moyenne à 210.000 exemplaires chaque jour de semaine, tout en y ajoutant l'interactivité et la richesse multimédia offertes par la tablette d'Apple.

"On voulait que quel que soit le +background+ technologique de l'utilisateur, quel que soit son âge, il soit capable en cinq minutes de naviguer et de comprendre intuitivement les fonctionnalités de l'application", a indiqué M. Crevier.

Une centaine de journalistes ont été recrutés au cours de la dernière année afin de produire le contenu "enrichi" de la nouvelle application, portant la salle de rédaction à 300 personnes, tandis qu'une autre centaine (développeurs, graphistes, ingénieurs, etc) ont été embauchés dans le media lab spécialement créé.

Loading Slideshow...