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Washington appelle Pyongyang à faire preuve de sérieux dans les négociations‎

18/04/2013 01:13 EDT | Actualisé 18/06/2013 05:12 EDT
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A South Korean activist burns a placard showing a caricature of North Korean leader Kim Jong-Un during an anti-North Korea rally in Seoul on April 18, 2013. North Korea laid out conditions on April 18 for any talks with Seoul or Washington, including the withdrawal of UN sanctions and a guaranteed end to South Korea-US joint military drills. AFP PHOTO / JUNG YEON-JE (Photo credit should read JUNG YEON-JE/AFP/Getty Images)

La Corée du Nord a posé ses conditions jeudi pour une reprise du dialogue avec Séoul et Washington, exigeant notamment le retrait des sanctions de l'ONU, ce qui rend peu probable une reprise des négociations dans un contexte toujours tendu sur la péninsule.

"Les demandes de la Corée du Nord sont totalement incompréhensibles. C'est absurde", a réagi Cho Tai-Young, le porte-parole du ministère sud-coréen des Affaires étrangères. "Nous demandons instamment au Nord d'arrêter d'émettre des demandes aussi incompréhensibles et de faire des choix judicieux, comme nous l'y avons encouragé à plusieurs reprises.

La Maison Blanche a de son côté appelé la Corée du Nord à faire preuve de "sérieux" et à respecter ses engagements dans le domaine nucléaire. "Pour l'instant, nous n'avons pas vu cela. Je pense que les déclarations et actes hostiles venant de Corée du Nord montrent le contraire, en fait", a déclaré le porte-parole adjoint du président américain Barack Obama, Josh Earnest.

La Commission de défense nationale nord-coréenne a appelé jeudi au "retrait des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU concoctées pour des raisons grotesques".

Elle a également exigé la fin des manoeuvres militaires conjointes conduites par les Etats-Unis et la Corée du Sud dans le sud de la péninsule.

Séoul et Washington effectuent depuis quelques semaines ces exercices conjoints annuels, attisant comme chaque année la colère de Pyongyang, qui y voit la répétition générale d'une invasion de son territoire.

Depuis un 3e essai nucléaire nord-coréen le 12 février, et de nouvelles sanctions de l'ONU à l'égard de Pyongyang, la tension est remontée en flèche dans la péninsule coréenne.

Les conditions d'une reprise d'une dialogue sont désormais le thème dominant, après plusieurs jours passés dans la crainte d'un nouveau tir de missile par le Nord, aux alentours du 101e anniversaire de la naissance du fondateur du pays, grand-père du dirigeant actuel Kim Jong-Un, le 15 avril.

Le conseiller à la sécurité à la présidence sud-coréenne, Kim Jang-Soo, estime que tout tir de missile, s'il y en a, sera dirigé vers la mer de l'Est (ou mer du Japon), entre la péninsule coréenne et le Japon.

L'armée nord-coréenne s'est pour le moment bornée à lancer un ultimatum à Séoul ajoutant que si la Corée du Sud souhaitait vraiment le dialogue et les négociations, "elle devrait présenter des excuses pour toutes les actions hostiles à la Corée du Nord".

Des analystes notent que le thème du dialogue a peu à peu remplacé ces derniers jours les menaces de frappes nucléaires dans la rhétorique, souvent enflammée, de Pyongyang.

"Je ne crois pas que Pyongyang s'attende à ce que ses conditions soient remplies", déclare Yang Moo-Jin, professeur à l'université des Etudes nord-coréennes à Séoul. "C'est un moyen de montrer sa force au début, dans une lutte acharnée, mais cela signale qu'au final, il y a un désir de dialogue".

Daniel Pinkston, expert sur la Corée du Nord chez International Crisis Group, estime au contraire que Pyongyang n'a aucune intention d'assouplir sa position. Pour le Nord, seule vaut sa reconnaissance en tant que puissance nucléaire, un statut rejeté par Washington et ses alliés, selon l'analyste.

"Alors de quoi parleraient-ils?", s'interroge-t-il. "Le Nord s'est engagé. Il a brûlé ses dernières cartouches. Toute volte-face ne s'effectuerait qu'à un coût immense pour le régime sur le plan intérieur", a-t-il ajouté. "Nous sommes toujours dans une situation qui mène à une collision. Cela ne va pas bien finir".

La nouvelle présidente sud-coréenne Park Geun-Hye et le secrétaire d'Etat américain John Kerry, lors de sa récente visite en Asie du nord-est, ont tous deux souligné qu'une reprise du dialogue ne se ferait que si le Nord "changeait son comportement" et respectait ses obligations internationales, notamment sur son programme nucléaire.

Park Geun-Hye avait promis lors de sa campagne électorale d'assouplir la position du Sud vis-à-vis du Nord après des années de politique intransigeante conduite par son prédécesseur. Mais son arrivée officielle à la tête du pays a coïncidé avec le test nucléaire nord-coréen, étouffant dans l'oeuf ses velléités de main tendue.

La veille, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon avait invité le Nord à "prendre au sérieux" l'offre de dialogue du Sud à propos de l'avenir du complexe industriel intercoréen Kaesong.

Pyongyang interdit aux Sud-Coréens l'accès au complexe, situé sur son territoire à une dizaine de kilomètres de la frontière, depuis le 3 avril. Il en a retiré ses 53 000 employés.

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