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Venezuela: Washington doute toujours de la légitimité du scrutin

17/04/2013 03:48 EDT | Actualisé 17/06/2013 05:12 EDT

Proclamée lundi par le Conseil national électoral, la victoire de Nicolas Maduro à la présidentielle vénézuélienne de dimanche n'a rien d'évident pour les Etats-Unis, qui s'interrogent toujours sur la légitimité du scrutin.

L'officialisation de la victoire du dauphin de Hugo Chavez est reconnue par un nombre croissant de pays, mais beaucoup, à l'instar de l'Union européenne --qui s'est contentée d'en "prendre note"-- l'accueillent avec tiédeur.

Du côté de Washington --bête noire de Hugo Chavez et de ses partisans--, le doute est encore profond: "Nous pensons qu'il doit y avoir un nouveau comptage des voix", a répété mercredi le secrétaire d'Etat John Kerry. Washington n'est pas encore prêt à reconnaître la victoire de Nicolas Maduro, qui l'a officiellement remporté sur l'opposant Henrique Capriles avec à peine 250.000 voix d'avance, a expliqué M. Kerry.

S'exprimant devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, il a souligné la nécessité d'un audit du scrutin. S'il y a "de grosses irrégularités, nous aurons de sérieux doutes sur la viabilité de ce gouvernement". "Mais il faut effectuer cette évaluation, ce que je n'ai pas encore fait", a-t-il encore affirmé.

A la Maison Blanche, le porte-parole Jay Carney a de son côté précisé que Washington appelait "à un processus transparent et digne de foi pour rassurer les Vénézuéliens sur les résultats de l'élection".

A Caracas, Nicolas Maduro a assuré que le refus américain de reconnaître sa victoire lui était indifférent: "Ne reconnaissez rien, on s'en moque de votre reconnaissance. Nous avons décidé d'être libres et nous allons être libres et indépendants, avec ou sans vous", a-t-il lancé mercredi au cours d'une intervention télévisée.

"J'ai pris bonne note des déclarations des représentants du gouvernement et de l'opposition sur la nécessité d'un audit de l'élection ainsi que de l'annonce ultérieure par le CNE de l'élection de M. Maduro", a pour sa part simplement réagi la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton dans un communiqué à l'officialisation de la victoire de Nicolas Maduro.

"Il est important que le résultat de l'élection puisse être accepté par tous et que les recours soient dûment examinés par les autorités compétentes du Venezuela", a-t-elle aussi ajouté, appelant aussi les parties au dialogue. Des violences ont fait sept morts après la proclamation du résultat par le Conseil électoral.

Même réaction côté français, où le ministère des Affaires étrangères a déclaré mercredi que Paris "prenait acte" de la proclamation du Conseil.

A Madrid, le gouvernement a quant à lui assuré "respecter" cette proclamation, après avoir déclenché l'ire de Caracas lundi, quand son ministre des Affaires étrangères José Manuel Garcia-Margallo avait semblé douter du résultat de l'élection. "Quel que soit le verdict final après ce nouveau décompte, cela montre qu'il y a une polarisation très forte au Venezuela", avait estimé celui-ci.

L'Organisation des Etats américains, qui s'est dite "inquiète" des violences survenues dans le pays, avait elle aussi appelé dès lundi à un audit du scrutin et un nouveau décompte des voix.

Cette dernière solution pourrait cependant ne jamais être organisée: la justice vénézuélienne a écarté mercredi tout décompte manuel des bulletins de vote, mettant sous pression l'opposition, qui conteste la victoire de Maduro.

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