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Triste journée au Sénat américain pour les "survivants" de fusillades

17/04/2013 08:06 EDT | Actualisé 17/06/2013 05:12 EDT

"Honte à vous!", n'a pas pu s'empêcher de lancer mercredi Patricia Maisch, depuis la galerie du public en surplomb de l'hémicycle du Sénat américain, où la grande réforme des lois sur les armes du président Barack Obama vient d'être torpillée.

Quarante-six sénateurs ont dit "non", en substance, à la question suivante: Faut-il vérifier l'identité des acheteurs d'armes dans les foires spécialisées et sur internet? Faut-il empêcher les délinquants et déséquilibrés de s'y procurer des armes?

Consterné, le vice-président Joe Biden, venu présider exceptionnellement la séance historique, annonce que la mesure est rejetée.

Patricia Maisch est assise à côté de "vétérans" de fusillades. Son fait d'arme est d'avoir attrapé le troisième chargeur de Jared Lee Loughner, le 8 janvier 2011. Il venait d'être maîtrisé après avoir vidé deux chargeurs en direction de Gabrielle Giffords, une élue du Congrès, lors d'une réunion politique sur le parking d'un supermarché en Arizona (sud-ouest). Giffords a survécu à la balle qui lui a traversé la tête, mais six autres ont été tués.

"Ils n'ont pas d'âme, ils n'ont pas de compassion", dit Patricia Maisch aux journalistes qui se précipitent autour d'elle, avant de se faire expulser, poliment, du Capitole.

A côté d'elle se trouvaient Pam Simon et son mari Bruce. Pam, elle, a bien reçu une balle de Loughner. Le couple arpente depuis lundi les couloirs du Congrès, de rendez-vous en rendez-vous avec des sénateurs dits hésitants. Ils reprendront l'avion pour l'Arizona jeudi.

"Le lobby des armes a exercé une très forte pression sur les sénateurs", affirme-t-elle. Mais elle promet que l'association de Gabrielle Giffords se vengera en finançant des campagnes contre les élus qui ont voté non.

La défaite législative est comme un "deuil", raconte plus loin Stephen Barton, 23 ans, blessé au cou et au torse lors de la fusillade dans un cinéma d'Aurora, près de Denver dans le Colorado (ouest), le 20 juillet 2012. "On est déçu, on est énervé, et puis on se durcit".

Le groupe de survivants, guidé par un porte-parole embauché par leur association, navigue dans les couloirs combles du Sénat vers la conférence de presse de démocrates, désolés d'avoir échoué.

"Désolé, on a fait tout ce qu'on a pu", confie le sénateur Charles Schumer à Jillian Soto. Sa soeur était l'une des enseignantes abattues par Adam Lanza dans une salle de classe de l'école primaire Sandy Hook de Newtown (Connecticut, nord-est), le 14 décembre.

"J'ai le coeur brisé. C'est probablement le jour le plus triste de ma carrière publique", dit d'une voix blanche Richard Blumenthal, élu du Connecticut.

ico/sam

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