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Soudan: les rebelles du Kordofan-Sud se disent "prêts" à négocier

17/04/2013 12:13 EDT | Actualisé 17/06/2013 05:12 EDT

Les rebelles du Kordofan-Sud se sont dits mercredi "prêts" à négocier avec le gouvernement soudanais la semaine prochaine à Addis Abeba pour mettre fin aux combats qui font rage depuis juin 2011 dans cette région frontalière du Soudan du Sud.

Le médiateur de l'Union africaine Thabo Mbeki a invité Malik Agar, chef de la branche Nord du Mouvement de libération populaire du Soudan (SPLM-N) "à des négociations de paix le 23 avril à Addis Abeba" et "nous avons répondu que nous étions prêts", a déclaré à l'AFP Arnu Ngutulu Lodi, porte-parole du SPLM-N.

Un haut responsable du parti au pouvoir a confirmé la date du 23 avril pour les discussions. "Notre gouvernement est totalement engagé à respecter la date fixée par l'Union africaine", a affirmé Rabbie Abdelatti Ebaid, du Parti du congrès national.

"Si vous mettez les armes de côté et venez à la table des négociations, vous êtes sur la voie de la négociation", a-t-il affirmé à l'attention des rebelles.

Dimanche, le chef des négociateurs pour le gouvernement soudanais, Ibrahim Ghandour, avait déclaré, selon l'agence officielle soudanaise Suna, que son équipe était prête et n'attendait que "la date des négociations", avec l'espoir qu'elles mènent "à la paix".

Une rencontre entre M. Agar et M. Ghandour serait une première depuis près de deux ans, selon M. Lodi, même si les deux parties ont déjà mené des discussions indirectes par le biais des médiateurs de l'Union africaine pour tenter, en vain, de garantir un accès humanitaire aux zones de combats.

Les appels à la paix n'ont cependant pas empêché les combats mercredi, avec un nouveau bombardement mené par les rebelles contre Kadougli, chef-lieu de la province du Kordofan-Sud, déjà touché vendredi. Selon M. Lodi, les rebelles visaient des "bases militaires" à Kadougli.

Selon un habitant de Kadougli joint par l'AFP, une femme a été tuée dans ce bombardement et les rebelles "ne sont pas précis dans leurs cibles", cherchant surtout à faire sentir leur présence. La population espère que les négociations de paix "règleront le problème une fois pour toutes", a-t-il affirmé.

Le porte-parole du SPLM-N a aussi évoqué une attaque rebelle contre un poste de l'armée à quelques kilomètres à l'est de la ville, où une réserve de munitions a explosé, et "des combats intenses autour de Dandor", une garnison à 18 km à l'est de Kadougli que les rebelles ont annoncée avoir prise lundi.

Mais un porte-parole de l'armée, Sawarmi Khaled Saad, a assuré que Dandor avait été "libérée" et que les rebelles tentaient de provoquer des troubles à Kadougli pour se venger.

Le président soudanais Omar el-Béchir avait relancé le 1er avril une invitation au dialogue avec les rebelles, annonçant en même temps une libération des prisonniers politiques. Aucune libération de membre du SPLM-N n'a cependant été signalée depuis.

M. Béchir s'est aussi rendu le 12 avril au Soudan du Sud, pour une première visite en près de 2 ans qui a marqué un apaisement avec les autorités de Juba, que Khartoum accusait de soutenir les rebelles.

L'armée et le SPLM-N s'affrontent depuis juin 2011 au Kordofan-Sud et septembre 2011 au Nil bleu, deux régions frontalières avec le Soudan du Sud où Khartoum cherche à affirmer son autorité. Les combats meurtriers ont touché un million de personnes, dont 200.000 ont dû se réfugier en Ethiopie ou au Soudan du Sud.

M. Ebaid a indiqué que les discussions devraient porter uniquement sur le Kordofan-Sud et le Nil Bleu, "non pas tout le Soudan".

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