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Libye: l'ex-chef des renseignement Senoussi doit avoir accès à un avocat (HRW)

17/04/2013 07:14 EDT | Actualisé 17/06/2013 05:12 EDT

L'ancien chef des services de renseignement libyens, Abdallah al-Senoussi, n'a toujours pas eu accès à un avocat après près de huit mois de détention, a déploré mercredi Human Rights Watch qui a pu rendre visite à l'ex-homme fort du régime Mouammar Kadhafi.

M. Senoussi, en détention à Tripoli, a déclaré à "HRW qu'il n'a pas eu accès à un avocat et qu'il n'a pas été informé des accusations formelles contre lui après près de huit mois de détention en Libye", selon l'organisation de défense des droits de l'Homme.

"Le gouvernement libyen doit immédiatement veiller à ce que Senoussi ait accès à un avocat de son choix, que ce soit un avocat libyen ou étranger, et formellement lui notifier les charges retenues contre lui en Libye", a indiqué HRW.

HRW a rencontré lundi M. Senoussi dans sa prison en privé. Ce dernier "ne s'est pas plaint de sévices physiques et a déclaré que ses conditions de détention étaient +raisonnables+", a précisé l'ONG.

L'ancien chef de renseignements libyens et beau frère de l'ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, est accusé par Tripoli de crimes graves comme le massacre de 1996 à la prison d'Abou Slim où plus de 1.200 prisonniers politiques avaient été fusillés par les forces de sécurité.

Abdallah al-Senoussi, est aussi accusé par les autorités libyennes ainsi que par la Cour pénale internationale (CPI) de crimes contre l'humanité commis lors de la révolte ayant entraîné la chute de l'ancien régime en 2011.

Le ministre libyen de la Justice Salah al-Merghani a expliqué à l'organisation que jusqu'ici, aucun avocat libyen n'a pris en charge la défense de M. Senoussi.

"Un avocat étranger avec l'autorisation d'exercer en Libye pourrait également représenter M. Senoussi", a indiqué M. Merghani cité par le communiqué.

"Malgré les difficultés, le gouvernement libyen doit faciliter à M. Senoussi l'accès immédiat et continu à un avocat de son choix, y compris un avocat désigné par le gouvernement si M. Senoussi ne parvient pas à en nommer un tout seul", a rétorqué HRW.

L'organisation a appelé par ailleurs la Libye à "coopérer pleinement" avec la CPI.

Tripoli dispute à la Cour le droit de juger M. Senoussi et Seif al-Islam, un fils de Mouammar Kadhafi, détenu en Libye et accusé lui aussi de crimes contre l'humanité durant la révolte de 2011.

Après la chute du régime Kadhafi, Abdallah al-Senoussi avait fui la Libye et était entré en Mauritanie avec un passeport malien sous une fausse identité. A la suite de son arrestation en mars 2012, il avait été extradé vers la Libye en septembre 2012.

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