NOUVELLES

Le mea culpa du FMI sur l'austérité n'a rien changé, jugent les syndicats

17/04/2013 04:56 EDT | Actualisé 17/06/2013 05:12 EDT

Le FMI a reconnu que les plans d'austérité devaient être ralentis en Europe mais ses pratiques n'ont "fondamentalement" pas changé, a dénoncé mercredi la dirigeante de la Confédération syndicale internationale (CSI) qui revendique 175 millions de membres.

"Il y a eu une reconnaissance du fait que l'austérité devait être ralentie mais nous n'avons vu aucun changement fondamental dans les politiques menées" dans la zone euro, a déclaré Sharan Burrow dans un entretien accordé à l'AFP.

Ces derniers mois, le Fonds monétaire international (FMI) a reconnu avoir sous-estimé l'impact de l'austérité sur la croissance dans la zone euro et a plaidé pour accorder plus de souplesse à certains pays placés sous assistance financière internationale.

"Les mêmes politiques sont toujours menées par les responsables du FMI dans les pays en crise", a assuré Mme Burrow, dénonçant l'inconséquence du Fonds.

"Il y a des appels pour l'emploi mais sans les politiques qui pourraient conduire à la croissance et à des emplois", a ajouté la dirigeante syndicale en visite à Washington pour l'assemblée générale du FMI et de la Banque mondiale.

Selon elle, le Fonds et les Européens ont déclaré une "guerre contre les droits de salariés" en exigeant dans les pays renfloués par la troïka des coupes dans les salaires et des remises en cause des procédures de négociation collective.

"Ils se sont attaqués aux mécanismes de distribution, tels que la protection sociale, qui aurait en fait permis (...) de promouvoir une croissance durable" en préservant la demande, a estimé Mme Burrow, fustigeant une politique "contre-productive".

La dirigeante syndicale s'est par ailleurs déclarée favorable à un rééquilibrage de la demande au sein de la zone euro, défendue notamment par les Etats-Unis.

"Si on s'était attaqués à la crise en disant : +regardons les salaires et la demande dans les économies en surplus afin de soutenir la croissance dans les pays plus pauvres+, nous serions dans une bien meilleure situation maintenant", a-t-elle déclaré.

Basée à Bruxelles, la CSI regroupe 308 syndicats issus de 153 pays.

jt/sl/mdm

PLUS:afp