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Koweït: des hackers publient un discours d'un opposant sur un site officiel

17/04/2013 12:46 EDT | Actualisé 17/06/2013 05:12 EDT

Des cyberactivistes ont piraté le site internet du ministère koweïtien de l'Information et y ont publié un discours d'un chef de l'opposition pour lequel il a été condamné lundi à cinq ans de prison, ont annoncé mercredi le ministère et des militants.

L'ancien député condamné, Mussallam al-Barrak, n'a pas été encore incarcéré, malgré plusieurs convocations et un raid mené mercredi dans sa résidence par des forces anti-émeutes armées de fusils d'assaut, selon un porte-parole de l'opposant, Saad al-Ajmi.

Des militants de l'opposition ont appelé à un nouveau rassemblement mercredi soir devant le domicile de M. Barrak pour dénoncer sa condamnation. Des manifestations similaires avaient rassemblé des milliers de personnes lundi et mardi.

"Des hackers sont entrés sur le site du ministère", qui a été ensuite "suspendu par précaution, et des mesures légales seront prises contre les auteurs" de cet acte de piraterie, a déclaré une source au ministère de l'Information, citée par l'agence officielle Kuna.

Selon des militants sur Twitter, les hackers ont publié un discours de M. Barrak sur le site du ministère, qui a été suspendu pendant plus de dix heures dans la nuit de mardi à mercredi.

M. Barrak a été condamné lundi à cinq ans de prison ferme pour ce discours prononcé lors d'un meeting le 15 octobre et jugé diffamatoire envers l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad Al-Sabah.

Le ministre de l'Intérieur, Ahmad al-Houmoud Al-Sabah, membre de la famille royale, a appelé l'ancien député à "se rendre" pour éventuellement "ensuite contester la peine devant les tribunaux".

S'exprimant sur la télévision locale d'opposition Al-Youm, M. Barrak a assuré que même s'il considérait son procès comme illégal et injuste, il ne refusait pas d'aller en prison, à condition qu'on lui présente l'ordre d'arrestation original, conformément à la loi.

L'ancien député a aussi dénoncé le raid mené à son domicile, assurant que certains de ses proches avaient été battus et maltraités.

Des députés pro-gouvernementaux ont en revanche critiqué le ministre de l'Intérieur pour n'avoir pas encore fait appliquer le verdict: "S'il (Barrak) refuse d'être incarcéré, nous devons mobiliser des blindés de l'armée et de la garde nationale pour le faire", a lancé le parlementaire Nabil al-Fadhl.

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