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Interception d'un pli empoisonné adressé à Obama, un suspect interpellé

17/04/2013 09:28 EDT | Actualisé 17/06/2013 05:12 EDT

Les autorités américaines ont annoncé mercredi l'interpellation d'un homme soupçonné d'avoir adressé une lettre empoisonnée à Barack Obama, un pli intercepté avant d'avoir atteint la Maison Blanche, en pleine alerte au terrorisme après l'attentat de Boston.

"Aujourd'hui vers environ 17H15 (22H15 GMT), les agents du FBI ont arrêté Paul Kevin Curtis, un individu soupçonné d'être à l'origine de l'envoi de trois lettres qui contenaient une substance granuleuse qui a été testée positive à la ricine", un violent poison, a indiqué le département américain de la Justice dans un communiqué mercredi soir.

Plus tôt dans la journée, la police fédérale avait annoncé l'interception d'une lettre contenant de la ricine et adressée à Barack Obama, au lendemain de l'identification d'un envoi similaire à un sénateur républicain du Mississippi (sud) Roger Wicker.

Une troisième lettre était adressée à un représentant de la justice du Mississippi, où a été arrêté le suspect, a précisé le département de la Justice. M. Curtis a été interpellé à son domicile à Corinth, dans le nord-est de l'Etat, tout près de la frontière du Tennessee.

La lettre destinée à M. Obama a été reçue mardi au centre de tri postal de la Maison Blanche, en dehors du complexe présidentiel, et placée en quarantaine par les agents du Secret Service, la police d'élite protégeant le président, après la mise en évidence d'une "substance suspecte", avant que le FBI ne confirme la présence de ricine lors d'analyses préliminaires.

"Il n'y a pas d'indication de lien avec les attentats de Boston", a ajouté la police fédérale dans un communiqué. L'enquête se poursuit et des analyses complémentaires sont en cours pour confirmer la présence de poison qui peut entraîner des troubles respiratoires et la mort, selon la même source.

La veille, les autorités avaient révélé qu'une lettre contenant elle aussi de la ricine, une substance d'origine végétale peu coûteuse, facile à produire et hautement toxique si ingérée par voie respiratoire, avait été envoyée à Washington au sénateur Wicker.

Ces développements interviennent dans la foulée du double attentat à la bombe de Boston (Massachusetts, nord-est) qui a fait trois morts et plus de 170 blessés lundi et dont le ou les auteurs n'ont pas été identifiés, même si les autorités ont indiqué disposer d'une image d'un suspect.

Cet attentat a réveillé les souvenirs du 11-Septembre, 11 ans et demi après les pires attaques sur le continent américain, qui avaient également été suivies par l'envoi de lettres contenant des agents pathogènes, en l'occurrence le bacille du charbon. Le ou les auteurs de ces envois n'ont jamais été identifiés.

En février 2004, le Sénat et la Maison Blanche avaient déjà été les cibles d'une attaque à la ricine, un agent biologique envoyé sous forme de poudre, des attaques qui n'avaient pas fait de mort.

De la ricine avait aussi été adressée au département des Transports en octobre puis à la Maison Blanche en novembre 2003, dans des lettres signées d'un certain "ange déchu", qui réclamait un changement dans la réglementation sur les horaires de travail des routiers américains.

Depuis, tout le courrier envoyé aux élus de la nation est examiné à l'extérieur du Capitole avant d'être acheminé, une procédure également appliquée aux lettres et paquets envoyés à la Maison Blanche.

C'est dans ces circonstances de vigilance accrue que des alertes aux colis ou lettres suspects se sont produites mercredi matin dans deux bâtiments annexes du Capitole, où des équipes de démineurs sont intervenues. Les alertes ont été levées en début d'après-midi et aucune substance suspecte n'a été mise en évidence.

chv-tq/are

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