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Attentats de Boston: un suspect identifié, mais pas d'arrestation

17/04/2013 03:43 EDT | Actualisé 17/06/2013 05:12 EDT

Quarante-huit heures après le double attentat qui a endeuillé le célèbre marathon de Boston, les enquêteurs auraient identifié un suspect, mais ont démenti mercredi toute arrestation.

"En dépit des informations disant l'inverse, il n'y a pas eu d'arrestation dans (l'enquête sur) l'attentat du marathon", a annoncé la police de Boston sur son compte Twitter, peu après l'annonce par CNN qu'un suspect avait été arrêté.

Le FBI a également démenti toute arrestation, en soulignant la nécessité pour la presse d'être prudente en raison des "conséquences non intentionelles" que peuvent avoir des "informations inexactes".

CNN a rétropédalé, revenant sur son annonce d'arrestation, que la chaîne de télévision disait pourtant tenir de plusieurs sources haut placées. Elle a parlé de "confusion," et de "malentendu" et précisé qu'un supect vu sur une caméra de surveillance n'avait pas même été identifié.

Mais l'enquête n'en a pas moins progressé mercredi.

Selon le Boston Globe, les enquêteurs disposent désormais de "l'image d'un suspect portant, et peut-être déposant un sac noir sur le lieu d'une des deux explosions" qui a fait trois morts dont un enfant et près de 180 blessé lundi.

Selon le quotidien, "une caméra de surveillance d'un grand magasin" a permis aux enquêteurs d'avoir une "vue claire de la zone".

Les images d'une chaîne locale de télévision les auraient également aidé.

Deux jours après ce qui est le plus grave attentat commis aux Etats-Unis depuis le 11-Septembre, les enquêteurs commencent également à avoir une idée plus précise des bombes artisanales qui ont créé panique et chaos au centre de Boston, où des dizaines de milliers de personnes étaient massées lundi sur le parcours du marathon.

Mais ils n'ont encore ni motif, ni revendication, et aucune hypothèse n'est privilégiée, entre terrorisme international ou intérieur.

Le président Barack Obama qui se rendra jeudi sur place, pour participer à une cérémonie de prières dédiée aux victimes, avait déclaré mardi que les autorités ne savaient "pas encore (...) qui a commis cet attentat ou pourquoi, s'il a été planifié et exécuté par une organisation terroriste, étrangère ou américaine, ou si c'était l'acte d'un individu".

Le FBI, qui a demandé la coopération du public à plusieurs reprises, a rendu publiques mercredi une douzaine d'images d'éléments matériels retrouvés sur place, dont celles de lambeaux d'un sac noir, et d'un morceau de cocotte minute tordu par le souffle d'une des deux explosions.

Les enquêteurs ont également publié des photos de clous et de billes de métal ajoutés aux deux bombes pour commettre plus de dégâts, et de ce qui ressemble à un morceau de circuit électrique. Les deux bombes avaient été assemblées dans une cocotte minute de 6 litres, et une couvercle a été retrouvé sur le toit d'un hôtel de six étages à proximité.

Les enquêteurs continuent leur travail de fourmi, récoltant sur le terrain le plus microscopique élément d'information, épluchant le contenu des caméras de surveillance et plus de 2.000 informations envoyées par le public.

Certains éléments collectés sont ensuite envoyés pour analyse au laboratoire du FBI à Quantico, en Virginie (est).

"Il va falloir plusieurs jours pour (recueillir toutes les données) sur les lieux", a déclaré Gene Marquez, responsable du Bureau de l'alcool, du tabac, des armes à feu et des explosifs de Boston.

Trois personnes ont été tuées et quelque 180 blessées lundi, certaines grièvement, par les explosions à 12 secondes d'intervalle des deux bombes, non loin de la ligne d'arrivée du célèbre marathon, couru cette année par 23.000 personnes.

Les médecins ont fait état de profondes blessures, en raison des clous et billes d'acier ajoutées aux bombes pour multiplier leur impact. Une dizaine de blessés ont dû être amputés.

Le docteur Peter Burke, chirurgien responsable des urgences au Boston Medical Center, l'un des six hôpitaux où avaient été admis les blessés, a indiqué que 19 personnes restaient hospitalisées dans son établissement, dont deux dans un état grave.

"Nous avons beaucoup de blessures des membres inférieurs, je pense donc que (l'explosion) a eu lieu près du sol", a-t-il expliqué.

Et dans un pays qui se remet à peine du traumatisme de Boston, le FBI a annoncé mercredi avoir intercepté une lettre contenant apparemment de la ricine, adressée au président Obama.

"Il n'y a pas d'indication de lien avec les attentats de Boston", a cependant tenu à préciser la police fédérale.

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