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11 migrants décèdent au large du Maroc dans le naufrage de leur embarcation (source médicale et ONG)

17/04/2013 09:00 EDT | Actualisé 17/06/2013 05:12 EDT

Au moins 11 migrants, dont trois femmes et deux mineures, sont décédés mardi dans le naufrage de leur embarcation au large d'Al Hoceima, dans le nord du Maroc, en tentant de gagner l'Espagne, a-t-on appris mercredi de source médicale et auprès d'une ONG.

Sur 34 personnes qui se trouvaient à bord, 10 sont mortes noyées et une est décédée sur le chemin de l'hôpital, tandis que 12 naufragés ont été hospitalisés après avoir été secourus par la marine royale marocaine, ont indiqué une source médicale et un responsable local de l'Association marocaine des droits humains (AMDH). Les 11 autres personnes sont indemnes.

Il s'agit de "migrants subsahariens", dont les nationalités ne sont pas encore connues, a précisé ce responsable de l'AMDH, Fayçal Oussard.

D'après lui, le drame est survenu à la mi-journée, au large, à neuf kilomètres de la ville d'Al Hoceima, sur la côte méditerranéenne. La mer était calme mais le bateau était "bien trop petit pour le nombre de personnes à bord", a-t-il relevé.

Selon cette même source, l'embarcation était partie de Nador et aurait pu chercher à rejoindre l'enclave espagnole voisine de Melilla, avant de dévier en direction d'Al Hoceima.

Interrogé par l'AFP, une source médicale à l'hôpital d'Al Hoceima a confirmé le bilan d'au moins 11 morts: six hommes, trois femmes et deux mineures.

Le sort à moyen terme des 12 personnes hospitalisées et des 11 autres saines et sauves n'est pas connu.

En règle générale, les autorités refoulent les migrants vers la frontière algérienne, par où transite la grande majorité des clandestins selon Rabat.

De nombreux immigrants illégaux d'Afrique noire tentent de gagner l'Espagne depuis le Maroc par voie maritime, à travers le détroit de Gibraltar, ou encore par voie terrestre en franchissant la frontière avec les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Ces deux enclaves constituent les seules frontières terrestres entre l'Afrique et l'Europe.

Un responsable de la Croix Rouge en Espagne a récemment souligné que les candidats à l'immigration optaient de plus en plus souvent pour des bateaux en plastique, de véritables "jouets", plutôt que pour des embarcations plus grandes où se regroupaient jusque-là jusqu'à 40 personnes.

"C'est encore plus précaire. Il y a plus de risque de naufrage et donc de noyade", avait souligné Antonio Fernandez, responsable des opérations d'urgence de cette organisation en Espagne.

Mais "comme il est chaque fois plus difficile de passer par voie terrestre ou d'autres voies, c'est la voie maritime qui est choisie" dans cette région, avait-il ajouté.

Selon des associations locales, de 20.000 à 25.000 clandestins originaires du sud du Sahara se trouvaient fin 2012 sur le sol marocain, dans l'hypothétique espoir d'un passage en Europe.

D'après Médecins sans frontières (MSF), les nationalités les plus représentées sont les Nigérians, les Camerounais, les Ghanéens, les Guinéens et les Maliens.

jm-gk/

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