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USA: les complications chirurgicales rendent les hôpitaux plus rentables

16/04/2013 04:17 EDT | Actualisé 16/06/2013 05:12 EDT

Plus il y a de complications dans les interventions chirurgicales, plus rentables sont les hôpitaux aux Etats-Unis, un système qui clairement décourage la qualité des soins, révèle mardi une étude publiée dans le Journal of the American Medical Association (JAMA).

"Nous avons découvert des indications claires montrant que réduire les préjudices pour les patients et améliorer la qualité des traitements sont pénalisés de façon perverse dans notre système de soins", conclut le Dr Sunil Eappen, un des responsables du Centre du Massachusetts des yeux et des oreilles (Massachusetts Eye and Ear Infirmary) à Boston, un des co-auteurs de cette recherche.

"On savait déjà que les centres hospitaliers ne sont pas récompensés pour la qualité des soins dispensés mais on ignorait combien d'argent ils gagnaient quand leurs patients subissaient des préjudices", poursuit le Dr Atul Gawande, directeur des Laboratoires Ariadne et professeur de santé publique à l'Harvard School of Public Health (HSPH), le principal auteur de l'étude.

Les malades couverts par une assurance médicale privée ayant des complications à la suite d'une intervention donnent à l'hôpital qui les traite une marge bénéficiaire 330% plus élevée (ou 39.000 dollars par malade) que ceux sans aucun problème, selon ces chercheurs.

Les patients ayant une couverture avec le Medicare, le système fédéral d'assurance maladie pour les retraités, et connaissant une complication à la suite d'une intervention chirurgicale, génèrent une marge 190% plus élevée à l'hôpital où ils sont traités par rapport à ceux dont la procédure s'est bien déroulée.

Ainsi, pour les directeurs des hôpitaux, faire des efforts pour réduire le taux des complications chirurgicales, dont les dix plus courantes sont évitables, pourrait fortement dégrader leurs performances financières, expliquent les auteurs de cette recherche.

Les hôpitaux et cliniques effectuent pour quelque 400 milliards de dollars d'interventions chirurgicales chaque année et bien que des méthodes efficaces existent pour réduire les complications, les progrès sont lents dans leur mise en oeuvre et les motivations financières pourraient bien en être la raison, déplore l'étude.

Ces chercheurs ont analysé des données portant sur 34.256 patients ayant subi une intervention chirurgicale en 2010 dans douze systèmes hospitaliers du sud des Etats-Unis.

Ils ont examiné dix complications sérieuses évitables et la contribution de chacune d'elle à la marge bénéficiaire de l'établissement.

Au total 1.820 procédures ayant provoqué au moins une complication ont été identifiées.

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