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Manifestation en faveur des Yéménites détenus à Guantanamo

16/04/2013 06:00 EDT | Actualisé 16/06/2013 05:12 EDT

Des dizaines de proches de détenus à Guantanamo et des militants ont manifesté mardi devant l'ambassade américaine à Sanaa pour demander la libération des Yéménites incarcérés dans cette prison américaine, dont plusieurs sont en grève de la faim.

"Obama, Obama, assez de détentions", ont scandé les manifestants, dont une vingtaine étaient revêtus de la combinaison orange des détenus.

"Nous appelons le gouvernement américain à libérer rapidement les détenus de Guantanamo", proclamait une pancarte brandie par les manifestants, réunis à l'appel d'ONG yéménites.

Selon Mohammad Al-Ahmadi, un responsable de l'ONG locale Al-Karama, "les 94 détenus yéménites à Guantanamo sont en grève de la faim".

"Nos fils sont torturés, ils sont actuellement en grève de la faim, et aucune organisation humanitaire ne se mobilise en leur faveur", a affirmé au correspondant de l'AFP une femme intégralement voilée, se présentant comme Oum Haël Al-Mazloum.

"Les Américains disent qu'ils détiennent nos fils pour les réhabiliter, qu'ils nous les rendent et nous nous en chargerons", a ajouté la femme, selon laquelle son fils, arrêté au Pakistan où il travaillait, "n'a aucun lien avec le terrorisme".

Les manifestants ont remis à un représentant de l'ambassade américaine une pétition appelant à libérer les prisonniers à Guantanamo.

La grève de la faim, observée pour certains détenus depuis plus de deux mois, affecte une centaine selon leurs avocats. Selon les autorités américaines, 43 détenus sont en grève de la faim dont 11 sont alimentés de force.

Dans une tribune publiée lundi par le New York Times, intitulée "Guantanamo est en train de me tuer", le Yéménite Samir Naji al-Hasan Moqbel, emprisonné depuis plus de 11 ans, a décrit les souffrances qu'il endure lorsque les gardiens de la prison le nourrissent de force.

"Nous sommes si nombreux à faire la grève de la faim maintenant qu'il n'y a plus assez de personnels médicaux qualifiés pour effectuer ces gavages", a dit M. Moqbel, en grève de la faim depuis le 10 février.

Il reste 166 détenus, pour la plupart emprisonnés depuis plus de 11 ans sans inculpation ni procès, dans cette prison située sur une enclave à l'est de Cuba. Parmi eux, une majorité de Yéménites pour lesquels le président Barack Obama avait décrété un moratoire sur les transferts en janvier 2010.

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